De la démocratie, nous n'avons gardé que les politiques arrivistes et démagogues, oublieux de la fraternité de la phalange.Tout citoyen a été, est, sera hoplite: sa vie dépend alors de son voisin qui le protège de son bouclier, de ceux qui tiennent la ligne. Non, le libéralisme américain n'est pas démocratique, il manipule l'électeur et remplace la fraternité par l'avidité et la cupidité. Non! au pragmatisme à court terme qui pour le succès à court terme et la popularité sacrifie l'avenir, détourne la Raison pour en faire la petite logique étriquée qui n'est qu'une réthorique scientiste.
Vivre ensemble exige de le vouloir et que les échanges ne négligent pas le partage. La cohésion générée par l'instinct grégaire ne pourra pas toujours tout: la plèbe veut des chefs! Elle les haïra demain et les adorera au surlendemain. Chacun, en disant que seul il ne peut rien, au mieux en militant dans un parti, pliant à sa ligne, renonçant à sa raison pour rentrer dans le rang et croire camaraderie ce qui n'est que coterie.
Nos élites vont-elles oser réécrire l'histoire de la crise? Déjà, ils y a réticence à continuer à admettre le constat fait avec soulagement au début: le modèle social français a limité l'impact de la crise. Ensuite viendra le moment de nier l'implication des dérives libérales en néo ou ultra dans ce qui s'est passé. Pour mieux recommencer. La même chose,puisque ceux qui sont gavés jusqu'à mettre à bas le système peuvent espérer continuer de plus belle,puisque l'apocalypse n'a pas eu lieu. Mais pour ça, il va leur falloir discréditer ceux qui dénonçaient le capitalisme fou, qui prédisaient qu'on allait droit dans le mur.
Crier haro sur les banquiers et les traders honnis permet d'alimenter un débat qui met àl'abri les "décideurs", ces "élites" pour qui ces gens travaillaient au fond.
Story telling autour d'un malaise pour course en plein soleil, voilà qui vous regonfle la côte de popularité. La crise, l'enlisement afghan avec un allié qui n'arrive pas à distinguer un civil, même enfant, d'un taliban, c'est bien trop sérieux, bien trop lourd pour un mois d'août! Le retour des bonus: rien à voir avec ce qui se passait avant, puisqu'on nous a expliqué que maintenant le capitalisme était moralisé. Puisque les nations ne sont pas à feu et à sang, puisque ça tient encore, alors les "décideurs" et leurs élites vont essayer de tout reprendre comme avant, de piller encore plus qu'avant la nation au nom des impératifs économiques avec la bénédiction des indulgences démocratiques. On nous fait bien croire que la liberté, c'est de travailler plus pour gagner plus dans l'extase de l'emphase de son petit pouvoir d'achat. L'âme vide, mais le caddy bien plein! Et si quelques doutes vous taraudent, y'a des coachs, des mollécules, des prostituées, bref de quoi s'offrir de quoi tenir le coup. Les questions philosophiques en succédané des réponses religieuses sont entre la platitude des pensées de servante thrace, réinterprétation du juste milieu en médiocrité, et le jargon jargonnant de ceux qui croient qu'inintelligible signifie brillant. Surtout, pas d'individus avec des idées, mais des experts et des politiques, qui seront jugés de façon partisane, émotionelle, stérilisante.
Les débats autour de la crise ont tourné autour de la question de moraliser le capitalisme, elle-même minimisée par la question de savoir si c'est possible. Autrement dit, il a été posé d'emblée que rien ne serait changé de structurel, qu'il n'y a pas d'alternative, que des ajustements. De quoi faire passer la pilule, en laissant à l'extrême-gauche le soin de colorer, donc de discréditer aux yeux de la majorité toute position hétérodoxe à ce mea culpa des financiers avides, qui lorgne les bonnes affaires que proposent la crise alors que la molle flagellation aura consisté à parler de limiter les bonus, les salaires pour obtenir que ce ne soit pas imposé. Que rien ne vienne hypothéquer un nouveau gavage, et tant pis si le foie explose... car cette crise aura des conséquences. Insidieusement, la parole des prêtres de l'économie se brouille. Ils ne sont pas infaillibles: même si ce n'est pas dit, désormais ça se sait. La liberté des démocraties libérales s'étale comme l'art de manipuler, de générer le consentement au mépris enmanipulant la Raison, en laissant l'or des fous de la raison technicienne être approuvé et poinçonné par les prescripteurs d'opinions qui tiennent à conserver leur prétention à être l'élite.
Que fournit le système, sinon des êtres adaptés, jusqu'à des subversifs institutionnalisés? Il semble que Julien Coupat ait su éviter le piège de la notoriété médiatique qui en eusse fait le porte-parole d'une contestation s'exprimant librement, donc sous contrôle. Ne serait-ce que prise au piège de devoir plaire pour être invitée, sans cesse contrainte à plaire au spectateur, à jouer son rôle, à animer le débat: à fournir des arguments pour soutenir l'échange, autrement dit surtout pas quoique ce soit de définitif!
Autres lieus, moments heureux... au ciel un reste de pluie, Jeu amusant et tiède des gouttes alors que le sol luit. Escapade en mode mineur et à l'effet majeur, D'ahan, je ne veux plus être nageur. Et la planète bleue tousse et tourne au bout de tous les "et pourtant" Elle tourne et nous entraîne, galaxie s'arcqueboutant Au silence infini des grands espaces et pourtant un cri, Celui de la vie, celui de l'esprit qui se moque bien de savoir si s'est écrit. Et dont l'écho rebondit de chaos en naissance, vibre toujours, Nous donne rendez-vous hier, demain, un autre jour. Charge mobile de cuirassiers ou de brigade légère, Mais le combat n'est pas livré, avidité en mégère Qui nous fait renoncer, accepter, convoiter et batir les palais Aux salles creuses, sur les sables de nos compromissions, sinistre ballet Des gloires et des déboires, des communions et des exclusions, Comme s'il fallait encore finir la crucifixion.
Caresse d'une main, rêve de paix et évidence du fil de l'épée.
Mais des images, à la folie des hommes payer l'écot,
Sang et larmes, rage mais sombre espoir, de fière volonté drapé,
Pour serrer les dents, sans se résigner,
Pour des étoiles la plus pure, la plus haute désigner
Par ici, vie de confort même relatif, comme un abandon de l'avenir;
Dos courbé, lourd des chaînes médiatisés, un peuple esclave
De lui-même le tyran arrogant, parfois de la parole l'enclave
Pour ceux trop content de suivre Ogmios, chaîne d'or de la honte,
Si bruyants pour ne pas entendre, pour ne plus penser, pour renoncer Mais les consciences attendront, blêmes, des mensonges la fonte,Comme torrent d'alpage qui emporte les prêcheurs et les pontes.
Oui, bien sûr... Douce France des contents de soi, des inamovibles fiers d'eux, sombre engeance qui se donnera toujours bonne conscience, élection divine ou atavisme génétique, les justificatifs ne manqueront pas. Et notre fier joggeur qui part, piteux, se reposer, a-t-il mérité son séjour au Cap-Nègre? Il est si fatigué, donc oui, voyons! Ses résultats? Permettre à ceux qui pourraient avoir mauvaise conscience de bronzer tranquille! Leur argent fructifiera,la taxe carbone sera là pour ça. Les déficits filent, les impôts baissent: monsieur et sa clique pillent la nation. Travaillez plus, ils gagneront plus! Opprobe sur les chômeurs, z'ont qu'à devenir entrepreneurs!
Bien sûr, au départ, discours de "winner", ode à la culture du résultat...paroles, paroles. A l'arrivée, l'hyper-activité stérile, mais qui permet d'être droit dans ses bottes, la tête haute. Comme l'inusable "tout le monde le fait." Il serait temps d'envoyer les politiques et leurs partis se faire f**** pour demander à des hommes d'agir, sans clientélisme, sans calculs foireux et sans hypocrisie électoraliste. La crise,la pollution, la guerre en Irak: stop à l'hypnose médiatique, aux arguments réthoriques, au conservatisme honteux.