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    30 augustus

    albae lacrimae

    Si nos larmes sont froides,
    Elles coulent, perles roides
    Et pas plu que le sang
    Que le sol a bu antan
    Elles ne demeurent,
    Et même leur souvenir meure.
     

    L'oubli, froide geôle.

    Mais qui aura su?

    Pourtant le sel versé,

    Il a stérilisé

    Le verger déçu

    De ne plus porter les pommes d'or

    Ou celle qui valait l'oeil d'Odin.

    Et là, dehors,

    Rôde la misère, amicale comme coup de gourdin

    Sur une tête nue, en pleine rue connue

    Sous le soleil qui rit

    tandis que le diable sourit.

    Il est des catastrophes qui murmurent,

    Certains savaient

    Qui aurait voulu écouter?

    Et un cataclysme susure

    Amusé qu'on est pu en douter.

    Certains pouvaient

    Alors on les a normalisés

    Quant aux autres, standardisés.

    D'amour ou de haine,

    Inhumaine plus qu'humaine,

    La peine est un penne

    Qui vers nous-mêmes mène.

     

    A l'heure du triomphe, il a vacillé, il a douté

    Le vaillant Arjuna, de ses ennemis tant redouté.

    Mais même le héros n'échappe pas à son destin

    Et Hector, Achille, Cuchulain chantés lors des festins,

    Etoiles pâlissantes à un firmament qui s'éteint,

    Désormais, il ya une valeur ajoutée sur les quatrains.

    Désormais la ressource humaine manque d'entrain

    Et l'artificieux Ulysse serait sponsorisé

    Mais nos yeux n'ont pas oublié, même la vacuité intronisée,

    Pas plus que nos coeurs ne resteront pétrifiés

    Si un regard vient chanter autre chose que l'humanité vitrifiée,

    Pitoyable bibelot dans le bureau d'un financier,

    Quand viendra dans l'aube et la myrrhe la fiancée.

     

    29 augustus

    Prière

    Et des nuages, et des orages et d'aujourd'hui entre nuit et éclaircie.
    Puisse demain mûrir des fruits fabuleux pour étancher ma soif, chasser la lassitude
    Comme une mauvaise habitude, tout au long du chemin de l'unique étude
    Celle de la vie, celle de soi, comme un espoir, comme un souci.
     
    Tenir, serrer les dents, tenir, que l'envie soit de rire ou de vomir.
    Puissent les efforts rencontrer le succès, enfin la fortune sourire.
    En attendant, délire ou extase, chemin de croix, allée des rois.
    Et deux et deux font trois, sommets et cimes, sentiers étroits.  
     
     

    planète rouge?

    Chauffons, chauffons à blanc, bientôt ce sera incandescent!
    Un attentat-suicide au nom d'Allah, un char pour écraser les roses:
    L'homme sait faire pour rendre les charniers putrescent.
    Surtout ceux qui sont à l'abri des grandes tours et des murs d'argent,
    Ceux qui se drapent dans le suffrage et la volonté des gens,
    Qui alors peuvent, slogans matraqués, mauvaise foi adoptée alors ils osent.

    Au-dela de la Shoa, il y avait le front russe et l'horreur banalisée;

    L'énigme de ce que peut un peuple civilisé.

    Loin des camps et du secret, dans le sillage de l'armée,

    Au nom des préjugés bien ancrés, tout un monde condamné.

    27 augustus

    capital?

    Le gouvernement va taxer le capital pour inancer le rsa. Déjà, si les salaires étaient décents, le problème n'existerait pas. Ensuite, après le "paquet fiscal", la nouvelle mesure va faire payer les classes moyennes. La solidarité ne concernerait donc que le vil peuple, loin des yachts et des villas. Ce populisme est à vomir, prendre à ceux qui ont un peu pour donner à ceux qui n'ont rien pour, surtout, ne rien demander à ceux qui ont beaucoup. Sans doute, selon la méthode habituelle, les annonces officielles de demain seront un poil en retrait, pour créer une satisfaction illusoire et stupide.

    Incurie

     

     

    La paix sera sauve, la guerre sera pacification sur un théâtre extérieur.
     
    Le bruit des bottes venant couvrir celui des caisses enregistreuses,
     
    Voilà qui serait mauvais pour les affaires, oserait-on d'un air rieur.
     
    Combien de psychopathes, combien de héros? Illusion désastreuse
     
    D'une société policée quand elle n'est que lasse, si grasse mais pas repue,
     
    Simplement en rupture d'avenir, ses idéaux mis au rebut.

    Des fantômes du passé surgissent, les chars russes font bégayer l'histoire;

    Et les tristes alliances d'une Europe en ruine auront batti un bel abattoir

    A la fois bûcher des vanités et colonne triomphale aux défaites bradées.

    L'avenir pourrait devenir le grand révélateur, aurions-nous perdu la paix?

    Nous n'avons su bâtir qu'un vaste hypermarché, la plume n'a pas remplacée l'épée.

    Il n'aura qu'été acheté qu'elle reste dans son fourreau, Arès fardé,

    Mais sans une once de cette raison immolée aux marchés, expertisée pour être asceptisée.

     

    Et nos policards semblent bien piètres pour affronter autre chose qu'une élection

    Quand le vent qui souffle évoque le grand vent de l'histoire plus que l'apparat des réceptions.

    Qu'espérer des marchands du temple? ils obéissent à leur nature, nulle déception.

    Mais que reste-t-il après ces décades d'illusion et de paix en attrition?

    Nous n'avons su construire, nous n'avons su nous construire, faux pas en prétérition.

    Défilé des athlètes, gloriole stérile d'une estime de soi d'un peuple en démission.

     

    Faudra-t-il du courage, faudra-t-il de la rage, je dois un avenir

    A mon fils. Les mains vides, il reste la volonté pour tenir, pour faire advenir.

    Faut-il céder au nihilisme à l'hédonisme mou des consommateurs?

    Peut-on oublier les artisans de cette déliquescence, du marché les zélateurs? 

    26 augustus

    Bon, ben voilà.

    Une bonne raison de ne pas partir d'Afghanistan: l'ami russe qui a l'air de croire l'occident faible. Au moment où notre dissuasion ne sera plus crédible, où  la conviction que la guerre sera concentionnelle s'imposera à Moscou nous risquons de perdre nos illusions. Nous saurons sans doute si le char Leclerc est meilleur ou non que le Léopard 2, mais je crainds que ce ne soit pour couvrir la retraite... Au passage, l'idée que le libéralisme, c'est la paix prend du plomb dans l'aile... Moscou est prêt à un retour à la guerre froide. Et nous?
    Le retour de la conscription.... là, je me marre d'avance. Enfin la solution au chômage? A la déliquescence des moeurs? Faut-il déjà réserver sa place dans quelque fosse commune? Pourtant, ça se savait qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Que l'Europe soit forte et elle pourra négocier. Qu'elle reste dans le sillage des USA enlisés en Irak et elle ne sera que l'enjeu des tractations.

    c'est la rentrée!

     Prenez un évènement dramatique méconnu, évidemment lié à la seconde guerre mondiale, ajoutez un politicien en rupture de popularité qui a à peine repris deux points dans les sondages à la sortie de l'été et des médias des plus disponibles. Alors on nous parle d'une "faute morale" pour un certain déficit dans la commémoration! La faute, c'était de perdre la guerre en 1940 simplement sur l'obsolescence des conceptions stratégiques des gradés, leur farouche conservatisme tout à la nostalgie des tranchées de la guerre précédente, fantasme du "front continu" pour un beau massacre bien dans les règles de l'école militaire. En face, juste la vitesse, l'innovation de généraux que le pouvoir politique n'ose pas suivre: l'HALTBEFEHL donné devant Dunquerke qui viendra réduire une victoire stratégique à une victoire opérationnelle. Mais le résultat, pour la France, était là.
     Cette France qui s'aligne sur les USA et qui se fantasme résistante, cette France qui frémit parfois devant la Marseillaise  et souhaiterait parfois un hymne à la prospérité. Citoyens, acceptez-vous de n'être que des consommateurs?
      La barbarie des Talibans n'est pas la barbarie des Nazies, elle ne vaut guère mieux. Mais quel rapport avec ce village de Maillé? Les morts français n'étaient pas des civils. Des hommes en armes, en pleine patrouille. C'est la guerre. C'est barbare. Ce n'est pas une raison pour renoncer. Ou il ne fallait pas s'y engager.
      Revenons au syndrome de la commémoration: celle de la victoire de 1998, brillante Cannes footbalistique et qu'importent 2002 et 2006. J'ai lu Nietzsche et je ne peux que songer à la fâcheuse posture de ceux qui sont devenus trop vieux pour leurs victoires.
      La "faute morale" est-elle autre en ce qui concerne le sans-papier traqué par la police et exploité par un patron respecté? Pourquoi ne commémorons-nous pas chaque sdf mort de froid? Au lieu de vivre dans la culpabilité, le ressentiment, la lassitude des "derniers hommes", il faut retrouver le goût et la volonté de l'action. Il faut un réel projet qui dépasse un peu l'entretien de la croissance et qui vise une autre fibre que le goût de la mollesse et le culte de l'argent. 
      Créons l'Europe, celle qui sera indépendante, capable de traiter d'égal à égal avec Russie, Chine, Usa. Des prix nobels d'économie américains en appellent à un recours à l'ISF. Faut-il en rire? Sans doute, puisque ça vient d'outre-atlantique, l'appel aura-t-il quelques échos dans nos contrées?
     
    23 augustus

    bon d'achat

    Le monde sera-t-il ce vaste supermarché d'êtres sans vigueur, qui de consommer font l'ersatz de la liberté?
    La paix des épiciers n'est pas celle des braves, la violence feutrée des frustrations et pour seule fierté, la vanité.
    Nous vivons l'illusion d'une quiétude mais nous ne sommes que des égarés, parqués dans le monde-camp
    Soumis à l'Empire car le nôtre s'est suicidé et le confort remplace les miradors, jusqu'à quand?
    Mille ans, fin de l'histoire et autres sornettes pour que nous ne voulions pas un autre monde,
    Mais simplement une augmentation, de belles vacances, de quoi ne plus songer à la fronde.

    Nous avons tout pour être heureux, sans doute même en avons nous en surplus.

    Mais comment être heureux si la quantité s'impose à la qualité?

    De savants discours viennent nous dicter la croyance aux marchés en toute stérilité,

    Si loin des attentes, des fins à poursuivre pour ce qui aurait tant plu.

    Fixons en numérique nos images, croyons ces reflets pour oublier la grande jachère

    De nous-mêmes que nous imposent nos consciences mises aux enchères.

     

    Alors nous sommes au bord du cours de nos vies, passablement éméchés

    Pour oublier ce reflet qui nous rappelle notre complètude ébréchée.

    22 augustus

    mon fils

    Saurais-je te guider vers ta vie, vers toi-même, dans les méandres d'amour et de haine?
    Q'importent les obstacles, des montagnes altières aux vallées des larmes, donnons-nous la peine;
    Savoir vivre n'importe où,sans se résigner et savoir avancer, toujours, petit pas après petit pas,
    Sans se laisser prendre aux aléas, aux marécages ou même au chant des sirènes et leur appâts.
     
     

    Qu'importe le continent, le brouillard est le même.

    Sais-je la route? Hélas, je n'ai rencontré aucun guide,

    Simplement la raison riche, pas la petite logique pingre et acide.

    Je n'ai pas la carte, simplement la conviction, une direction ou un thème.

     

    21 augustus

    les dix d'Afganisthan

    Dix sont tombés, paix à leur âme;
    Mais honte aux politiques infâmes
    Qui jouent leur mort comme on jette un sort.
    Statut de président ou statut d'opposant, grossier ressort.
    De paroles d'experts en postures médiatiques,
    Nous faire oublier l'impuissance, économisme en viatique.
    Jouïssons dans notre confort et tremblons pour notre pouvoir d'achat.
    Ailleurs, des hommes moins exangues luttent pour le rachat.
     

    Etaient-ils des héros, étaient-ils des salauds?

    C'étaient nos frères humains.

    Alors croyants ou athées, joignez vos mains

    Et priez pour le repos de leur âme.

    Leur cause était-elle juste ou un sinistre halo,

    Nébuleuse idéologique, économique, sans âme?

    Leur cause, au nom du peuple souverain,

    C'est la nôtre, que nous en soyons ou non l'apôtre.

    Guerre de civilisation, maintien de la paix,

    Qu'importent l'alibi de la colombe ou le fil de l'épée,

    C'est le combat, c'est le sang, la peur et la mort entre autres.

    La seule question qui mérite d'occuper le terrain:

    Est-ce pour un monde meilleur?

     

     

    Il faudra bien le dire, l'Empire est menacé

    Sa domination est contesté, il est harassé.

    Serons-nous prêts à nous émanciper,

    Chats échaudés que l'eau froide va happer.

    Souvenons-nous de l'Etrange Défaite,

    Capitulation alors même que l'avance ennemie est imparfaite.

    L'ombre de la collaboration, survie aux idéaux vermoulus

    A préservé les intérêts des principaux patrons,

    Avec l'art casuistique des poltrons.

    Mais tout n'était pas perdu, certains l'ont cru ou simplement voulu

     

     

    Maintenant ces dix sont devenus nos frères par le sang versé, 

    Dette qui sied mal avec les comptabilités médiatiques et autres billevesées.

    Il ne s'agit plus d'agitation aux raisons dispersées

    Mais d'action où il n'est plus temps de différer pour sembler soupeser.

      

    18 augustus

    sagesse

         La sagesse ne peut pas être abandon, capitulation, résignation. Accepter ce qui s'est produit n'est pas renoncer à agir. Accepter une défaite n'est pas se résoudre à perdre, s'y complaire en confondant le visage impassible du déjà mort et celui qui renonce à ses larmes pour s'ouvrir l'avenir. Travestissement grégaire de l'esprit guerrier qui serre les dents et qui avance en vaste enlisement de l'esprit consommateur à l'hédonisme mou qui, saturé de pornographie, a besoin de s'acheter un peu de viagra pour encore bander.
          Encore faut-il agir sur les racines de l'avenir et non sur le replâtrage du passé, sans le nier, sans l'oublier, en faisant l'effort de comprendre, lentement. Si Socrate a bu la cigüe, il est aussi l'homme de Potidée. Il faudra toute la casuistique de la volonté divine dont Ibn Rush définit bien la ficelle toujours utilisée: il y a le savoir des décideurs et la foi du peuple. Nous en sommes toujours là, au moment où l'individualisme devient destruction pure et simple de l'individu, qui n'aspire qu'à s'insérer, à n'être qu'un clone. 
     

    quelle crise?

    Bienvenu dans le désert du réel,
    Il est cette matrice qui réduit l'individuel au sériel.
    Nous restons prisonniers des chiffres de l'économie,
    Sans chercher à s'évader de cette dictature, sans oser d'hérésie,
    Paralysés par une fausse science, moins hypocrisie
    Que l'art de construire un monde-camp aux barbelés en lobotomie.
    Squizophrénie chronique pour ne plus objecter, pour ne plus y penser
    Et nos chaînes sont pouvoir d'achat et pseudorationnel, conformisme encensé
    Qui va jusqu'à codifier les modes transgressives
    Et commercialiser les rébellions aux aspirations agressives.
     

    Et les tensions et les passions, en motifs votifs, en sérum nocif

    D'une paix si longue aux frustrations corrosives, au sourire en uranium massif.

    Sinon s'annonce le monde-camp, surveillance vidéo et sécurité maximale

    Pour taire de l'esprit face à l'animal la puissance séminale.

     

    Et ceux qui ont froid, et ceux qui ont faim

    C'est bien malheureux, mais le temps manque

    Car il faut travailler plus pour atteindre ses fins;

    Une ou deux semaines au soleil, en planque,

    Et le reste à genoux, les médias en guise de nounou

    En attendant de se trouver son petit et personnel gourou

    Qui saura briser le courroux

    Et nous contenter, à genoux, des médias comme nounou.

     

    17 augustus

    mouvement

    Et même si les hommes sont devenus fous, si enfin ils l'étaient
    Pour abandonner leur hivernale procession pour la danse et l'été
    Légers, ne touchant plus les décombres et les ruines,
    Toutes les bruines, tantôt les averses,
    Elles cinglent les visages, froides et glacées,
    Ne seraient plus qu'un rafraîchissement
    Et des terribles gargouilles, les grimaces sans plus de grincements
    Ne seraient que contorsion, spectacle et amusement,
    Loin des larmes et des gémissements.
    Et le rêveur resterait au rêve enlacé.
     
     

    A mille lieux de croire les illusions grégaires,

    Au lieu de se cantonner dans une bouderie réfractaire,

    Bondir et virevolter, acquiessement, entre liesse et sérénité,

    En bras d'honneur pour les marchands du temple et les censeurs,

    Se souvenir enfin de la grande mobilité du penseur,

    A dix mille lieux des moralines et des mortifères austérités.

     

    Une orgie de joie et d'allégresse, dans l'art d'aborder le quotidien,

    Saborder l'esprit de pesanteur d'un sourire, d'une lueur dans le regard

    Franchir le méridien

    S'inventer du monde

    De tous les terroirs

    Pour ne pas finir remisé dans le tiroir

    Que personne n'ouvre plus, celui des factures et des fractures,

    Là où la joie est un mot qui s'oublie d'une rature.

    Et que reste-t-il sinon la grâce en guise de fronde,

    Pour se propulser loin des paroissiens hagards.

    15 augustus

    Et si la porte s'ouvrait

    Quand s'allonge la soirée comme un café qui devient lavasse,
    Des minutes qui se dissolvent dans un étrange néant, silence fadasse.
    Mais il y a le ciel étoilé comme un reflet de rêves irisés;
    Et un faisceau de flèches brisées.

    Belles étoiles, douces étoiles, qui si nous oublions, elles se souviennent.

    Et nos mots, nos prières à leur éclat distant et froid parviennent;

    Alors dans un murmure de poussière et de lumière répond leur bénédiction.

    Dans le silence, dans la solitude, seul avec soi, cet étranger intime,

    Pour des confins galactiques entendre la réverbération et la conversation infime.

    Entre douleur et plaisir, nostalgie, délicate alchimie au feu de la déréliction,

    Vaste seuil, lente matrice qui conduit à la grande maturation.

    14 augustus

    Dans les lueurs de l 'aube

    Promesses d'un jour ou d'une vie,
    Là, diffuses dans l'obscurité qui s'éclaircit
    Et peut-être un jour vide qui étirera son ennui
    Jusqu'au couperet quand tombe la nuit et s'épaissit.
    Alors la méditation profonde comme la suie,
    Des cendres qui posent du possible la survie.
     

    Et va le monde comme une amande qu'on émonde,

    Alors goutte à goutte du café qui fume et parfume

    Et à sa surface brillante qui bientôt frémit comme l'onde.

    Y lire un mystère, y déposer des secrets légers comme plumes

    Ou ancres mystérieux qui nous arriment à notre passé, à nous-mêmes

    Et font des images d'hier dans le langage oublié le thème.

    12 augustus

    volutes

    C'est par un matin un peu vide,
    C'est par un matin d'été impavide.
    Jour comme un autre et le café fume
    Jour de ciel gris que la pluie ennuie,
    Et comme un souvenir de suie,
    Cendres d'images qu'antan parfume
    D'un peu de nostalgie
    Et de beaucoup de magie
    Pour du sens dérober les secrets
    Dans un nuage discret.

    Un pas de danse, valse ou fandango puis l'immobile stance.

    Quand un an ou cent s'arrêtent à n'être qu'une évanescence,

    Souffle court ou catalepsie, du jour la trame en transparence;

    Là ou se pose la lasse fatigue de l'errance.

     

    11 augustus

    Chars russes et nageuse française

    Pauvre Europe, et les Etats-Unis sont bien ces tigres de papier dont se gaussait Mao. Aller à Canossa à Pékin, c'est original. Le Tibet ou la Georgie sauront que 1936 avait bien dit la vérité des démocraties. Mais il est vrai que depuis le bling-bling est venu et a tout emporté. S'entraîner dans les médias est moins efficace que l'entraînement dans les bassins... Pour l'or, Laure aurait été plus avisée de viser un hot qu'une médaille. Elle peut se reprendre, et sa jeunesse excuse ses erreurs. Surtout quand se levaient les voix des contempteurs du haut en couleur Phillipe Lucas: le bourreau d'enfant! Les amours adolescents sont sympathiques, mais la logique olympique l'est moins: des efforts et l'envie non de s'allonger mais de triompher. Assez! Les journalistes sont d'amusantes pleureuses à vouloir excuser tous les échecs, même quand le sportif lui-même ne le souhaite pas... Notre épéiste en argent, déçu, dit n'avoir pas su prendre sa chance, que son adversaire était plus fort et le journaliste lui parle de son épée tordue, de sa fatigue... Naguère, il le savait bien ce chef gaulois qui prit Rome:"Male victis!". Il l'a fort bien appliqué, cet adage, l'ami américain.
    Pourquoi le tsar prendrait des gants là où les mandarins n'en prennent pas? Et que pouvons-nous faire? Rien, bien sûr. De toute notre raison, réduite à la lâcheté. Géorgie, Urkraine... ensuite, c'est la Pologne. Puis de l'Oder à l'Atlantique, pourquoi pas? Il est des mauvaises idées qu'il ne faut pas laisser naître. On peut toujours se rassurer, nous savons si bien le faire! 
    Il nous faudrait déjà retrouver un peu de virtus, de toute urgence, loin des affairismes politicards et des corruptions généralisées, des affaires aux esprits. 
    10 augustus

    août

    Torpeur estivale, voile pudique sur ces petites horreurs ici et là,

    Dispersées à la surface du globe, et sonne le glas.

    Je suis dans l'heure un peu pesante, vacance à moi-même,

    Et déjà le mois d'août, sans version, ni thème.

    C'est un long fil qui se dévide, c'est un silence qui s'évide.

    D'un coup ce peut être un visage blafard, un visage livide.

     

    Source des questions aux réponses tarie,

    Il reste à attendre ce que la pluie charrie.

    Cendres et poussières ou la promesse de lumière,

    Comme l'ombre passera, un sermon ou une prière. 

     
    *