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    31 augustus

    Le Prince de ce monde

    Nouvelle à la limite de la folie, entre imagination et essai;
    Le point où la justice se caricature elle-même et la raison se tait.
    Alors, c'est l'antichambre de l'enfer et ce n'est pas assez,
    Bien trop humain, comme un cadavre sous le soleil du plus bel été.

    Et cette évidence, l'accusation des innocents aux mains sales,

    Les complices par bêtise par méchanceté par grégarité;

    Où quand comment: simplement en singeant la fraternité

    En inventant l'art de devenir de l'immondice le vassal.

    Et de la foi la plus pure, de la colère la plus juste 

    N'extraire que les ténèbres dans la lumière, geste frustre,

    Et mille et un châtiments, mille ans de pardon n'enlèvent rien

    Au mal qui fut commis, au sel de la moindre larme

    A ce qui dans les racines causales se trame et  alarme;

    Et l'innocence os rongé par une armée de chiens.

      

    Il reste la beauté enivrante du monde,

    Ivresse sacrée qui consacre la moindre onde

    Eau lustrale ou océane, eau qui purifie,

    Eau qui chante et qui vivifie.

    29 augustus

    larme amère

    Le mauvais sang des gens biens, droits dans leurs bottes,
    Et les cadavres dans les placards, inutiles parlottes
    Débats sans fin pour au fond s'absoudre, et plus encore.
    Serpents dont le venin plus froid que les anneaux endort.
     

    Et l'innocence devient faiblesse, et la patience frise l'indécence.

    Quand le jour tombe, quand la nuit vient toujours trop tard,

    De leurs yeux malades, un livide éclat, visqueux et blafard.  

    La pitié devient lâcheté, et même le ciel s'essouffle en absence.

       

    24 augustus

    emploi

    Vendre ses compétences selon les besoins du marché,
    Il ne s'agit pa de se vendre, juste de s'adapter au steak haché
    D'un monde où le médiocre et le vil n'ont plus à se cacher
    Au nom d'une démocratie fourvoyée, le démagogue a l'archet,
    Son aigre d'une danse pas même macabre où il faut ployer,
    Se plier au troupeau, s'abreuver des valeurs dévoyées.

    Ceux qui ont joué le jeu, qui un temps ont gagné,

    Salaires et statut, belle carrière à la cinquantaine interrompue

    Sont las, trop chers, trop vieux, plus assez malléables, en rien épargnés

    Par ce système qui dilapide les feux d'un monde corrompu.

    18 augustus

    couleurs

    les couleurs de la vie, comme une symphomie, généreuse et enjouée.
    ma belle m'offre l'arc en ciel et lui rajoute sa huitième couleur;
    Résumé de toutes, comme une pièce sans cesse rejouée,
    Toujours neuve, loin de toutes les douleurs.  
     

    Mille et une couleurs pour réinventer chaque nuit le plaisir,

    Et une révérence pour porter l'incandescence des dermes

    Porter à fusion, iradier jusqu'à nos épidermes

    Au-delà même des confins du désir. 

    la

    C'est quelque part dans les décombres  du paradis,
    Sans sel, sans beurre, juste la botte de radis.
    Pourquoi, question en marée noire, visqueuse.
    Pas de réponse,ombre vaporeuse.

    Mais à quoi bon? Juste un grain de sel

    Pour agrémenter du métier les ficelles.

    Le métier d'homme, en enfilade de volumes.

    Tout a été dit, rien n'a été écrit, le masque et la plume.

    Encore une page, une ligne et le sens jaillira, sinon jusqu'à l'épilogue

    Au détour des méandres et des oxymorons d'un sourd dialogue.

     

    17 augustus

    récidive

     
     
    Quatre murs, quelque mollécule, traitement mécanique d'un capital humain déviant;
    C'est un monstre! Comme ce serait facile. Non, c'est juste un homme, notre frère.
    A-t-il droit à autre chose qu'une prise en charge anonyme, standard, fonctionnaire?
    Récriminations, accusations, confusions, le fatras nauséeux du discours lénifiant
    Où l'absence de moyen vient colmater les brèves de l'incompétence
    Et elle-même n'est guère plus qu'un peu d'inconséquence et d'indifférence.

    Qu'offrira-t-on à l'enfant? La vengeance et notre considération?

    Ou plutôt l'holocauste de ceux encore réclusion, en hibernation?

    Déjà le spectale de l'activisme creux et démagogique: dilution symbolique

    Du flux politique, médiatique, inique, de ce peuple sans honneur, cyclothymique.

    Multirécidiviste, irrécupérable, où donc est la guillotine et l'éxécution puplique?

    Spectacle édifiant, bien moins dissuassif que jouissif pour la foule en communion,

    Grande fête de l'instinct de mort et processin aux lampions.

     

    j'ai rangé,

    J'ai rangé mon appartement, nettoyé
    Il est la minuit passée, je flotte sur les eaux nocturnes comme un noyé.
    Une chanson de Manset et tout le luxe d'une bière fraîche.
    Et c'est donc ma vie, parfois un peu rêche.
    Un batonnet d'encens pour dissiper mes démons, fumée.
    Le calme et un courant d'air, le vide en litote, inhumé.
    Et une guitare qui pleure, notes à la lune, fragiles.
    Ma gorge se serre, une gorgée de bière, volubile.
    J'aurais pu savoir, j'aurais du savoir
    Et à quoi bon si c'est pour ne pas pouvoir?
    Etrange danse, peut-être une transe, mes pensées
    La tête renversée dans le canapé, encensée.
    Désuet, fluet, l'approche des sommets.
    Tout  art consommé.
     

    16 augustus

    la recherche de la vérité

    La vie, bibliothèque à la Borges, vis sans fin;
    Quelque part dans les rayonnages, un mot certain,
    La vérité au détour d'une page, temps et patience
    Le long chemin de la conscience.
     

    Errer entre ses allées, découvrir, s'égarer, avancer.

    Parchemins, rouleaux, tablettes et la longue quête,

    Patience, un indice, un signe, une inspiration, suivre la ligne de crête.

    Puis les souterrains hostiles où même l'innocence se fait tancer.

    Douter, croire, hésiter, oser. Alors embarquer. Alors voyager,

    Même immobile, sur place, nomade invétéré

    Et dans le tourment, les turbulences, immobile, apaisé.

     

     

    15 augustus

    vague

     
    C'est un visage en pluie, entré dans une longue nuit monotone,
    Où le drame est émoussé, vieillard perdu sans son sonotone.
    Cest encore et toujours la lame glacée dans l'air monochrome
    Où il passe comme l'ombre d'un triste et fatal arôme.
     
     

    Ni sang ni violence, juste les faubourgs de la démence

    Ou les braises incandescentes de l'absence.

     

    jeu onirique

     
    Quelques éclairs sur les tours, retour d'orage
    Dans la nuit et ses ombres et ses mirages.
    Ca pourrait être tout autre chose, sans embage
    Où quelque chose comme un gage.
      

    Alors pourquoi pas des douves et des oubliettes, un fantôme et un trésor?

    Une dame blanche et quelques sorcières, à peine l'ombre d'une idole d'or;

    Et une voix venue des cieux ou d'au-delà et l'annonce de l'aurore,

    Peut-être même l'instant de retrouver ton corps.

     

    songe

    La nuit se referme comme un écrin, des tours défient le ciel et un enfant sommeille
    Il ignore encore tant mais sait déjà le pire, la violence et que le sang est vermeil.

    Et toute l'arrogance de nos civilisations se consumment pour une seule larme,

    Masque de père, masque de mère et le regard des bourreaux, alarme.

    Une fièvre malsaine brûle l'iris et à quelques mensonges près; sans remise en cause,

    La triste inconscience des damnés de la terre, et la misère explose

    Comme une bombe aux fragments empoisonnés et bientôt la pluie noire.

    Il erre, apprendre à ne pas se taire, savoir qu'il reste plus que l'espoir.

    14 augustus

    pas un mot

    Sur l'écume d'une plage oubliée, dans la gloire d'un matin
    Ou alors l'abandon d'un soir.
    Naïade puis finalement sirène, triste destin.
    Et c'est un coeur dans un pressoir;
    Sinistre vin pour un sombre festin.
    L'ombre d'un dit sybillin. 
     

    soir

    Nuit d'une ville en été, au pied des tours les parkings,
    C'est comme une larme, la lumière des réverbères.
    De l'ennui comme l'ombre et le cerbère,
    Au siècle de la longue paix et du happy slapping  

    L'ombre du doute, la possibilité d'une déroute,

    Du destin fossés et redoutes;

    Et le tapis rouge sous la bénédiction des quatres vents.

    Et ce monde qui beugle "Au suivant".  

    12 augustus

    la triste vérité

    Les haines rongent le coeur des hommes, elles avilissent l'âme
    Et reviennent comme autant de bûchers où chaque flamme
    Est la souffrance et l'injustice; triomphe du pire où la fraternité
    S'arrête à la défaite de l'ennemi commun et plus aucune solidarité. 
    Alors du fond des ténèbres la lumière jaillira encore et encore
    Et un jour elle restera au zénith, jusqu'à une pluie d'or.

    Alors oui, des hommes sans coeur, fiers de leurs erreurs;

    Leur langue distille le poison, exclusion, peurs, rancoeurs.

    Ils sont à genoux, mais bombent le torse, mais s'ennivrent d'arrogance

    Et même leur sourire se changent en rictus, piètre indécence.

    Les Reich de mille ans durent juste le temps de l'éclypse totale 

    Quand de l'homme se dévoile le masque  fatal, pure folie fractale.

    On se lamente, on commémore et l'écho d'une sonnerie aux morts

    Pour se disculper du mal fait aux vivants, dans l'amertume, sans effort. 

    leçon

    Le courage d'un homme, son engagement et la seule noblesse;
    Derrière lui un peuple, il bouscule les valeurs ancestrales
    Et leur apprend l'insoumission, jusqu'à faire vaciller la perle coloniale,
    Un petit homme avec son humour, sa bonté, ténacité et rudesse.
    La force, la violence mis en échec et la caricature de la justice
    Tombent devant  la grande âme  comme vérité de Lapalisse.
     

    Se battre ni pour le pouvoir, ni pour la seule liberté,

    Mais pour la justice, combattre d'abord l'ennemi en soi sans lâcheté.

    Poursuivre sans animosité, sans frilosité,

    Gagner d'un pas décidé et léger, finir assassiné.

    Voir des fous et des aveugles séparer, diviser

    Et fouler au pied le rêve réalisé.

     

    10 augustus

    Pluie

    La pluie tombe, tombe la pluie, monotonie hypnotique.
    Silence et errance, le ciel devenu liquide.
    Les cris, les jeux des enfants se sont tus.
    Plus de belles les jambes nues.
    L'impression en dépression d'un deuil,
    L'horizon pleure, énigmatique seuil. 
     

    Suis-je concerné ou simple témoin, à ma fenêtre;

    Simple passant, col relevé et le pas pressé?

    Mais mes pas s'espacent, pas de mâchoires serrées.

    Mon regard s'attarde et un rêve champêtre,

    Déjeuner sur l'herbe, ciel bleu et torpeur.

    Mais c'est l'asphalte et la banale laideur,

    L'oubliée et quotidienne splendeur.

    Age étrange où la nostalgie des ailleurs

    Vient s'insinuer dans le confort,

    Evidence déroutante venue sans effort. 

     

     

    Artisans de nos vies, entre liberté et hérédité,

    Les semences de nos actes nous lient, illusion de fatalité.

    La causalité n'est qu'une routine, le long ruban de la banalité.

    Mais il y a ce point, l'instant de fracture, la majesté de la volonté.

    09 augustus

    En lisant Platon

     L'allégorie de la caverne, vieille dame digne de la philosophie
    Pour nous dire que les hommes, indignes, ne comprennent pas.
    Ils peuvent bien ériger une basilique à sainte Sophie,
    Ils ignorent l'enseignement, ne le prennent pas.
    "Que ceux qui exercent le pouvoir n'en aient pas le désir;
    Qu'il leur soit une charge et pas un plaisir".
    La philosophie est une belle farouche;
    Un peu rebelle et un peu louche.

    Alors on invente les diseurs de jargon, le concept aseptisé et l'université

    Pour faire taire la voix, pour cloturer la voie et éviter l'animosité.

    Le troupeau préfère l'église et le bon pasteur, pourvu que le chien n'en soit pas un.

    Plutôt Platon qu'Anthistène, gare au scandale et à son parfum.

    La philosophie n'est pas affaire de professeur bien en chaire,

    C'est une affaire d'homme, fer rouge à même la chair.

    Un peu prêtre, un peu soudard, sûrement pas bon bourgeois.

    Gentilhomme de fortune, plutôt aristocrate de surcroît,

    Prêt à tutoyer les cieux et maudire les envieux,

    De toutes les révolutions, de toutes les réactions

    Pour mieux observer et arpenter le juste milieu.

     

     

    08 augustus

    Amor fati

    Les trames obscures du destin,
    Quand il fait de nous des passagers clandestins, 
    Embarqués dans les brumes du petit matin,
    En partance pour la grande nuit ou les îles bienheureuses.
    Sur la rive pleurent ceux qui restent,
    L'énigme et le chagrin, à se demander si la providence est une catin.
    Et l'ombre du désespoir déploie ses ailes hiddeuses,
    Quand de sombres pensées tempêtent et pestent.
     

    Et tous nous sommes en sursis, hésitant entre néant et paradis,

    A vivre nos vies minuscules, à inventer les racines du kharma,

    Liberté anticipé de construire un palais ou un taudis.

    Et des soucis dérisoires nous replient sur l'étincelle dont s'arma

    La triste reine en sabbat pour avoir voulu l'arène

    Et le sang des innocents et la tête du rebelles et les cris et la peine.

    On pensait partager un baiser, ce sera une larme.

    La main vide, mais le regard droit, pas d'épilogue avant la conclusion:

    Il reste que rien n'est encore écrit, à moins que tout soit dit, confusion.

    Il reste la peur, la solitude et la sollicitude et si l'amer à son charme

    Nul n'est contraint d'aimer le drame, de le croire courronné.

    Au destin, ses secrets: fi des prédictions erronnées!

    Debout dans la tempête, encore aurons dimanche et fête,

    Ne renonçons à rien, et laissons les regrets aux défaites. 

     

     

    Par la fenêtre

    Par la fenêtre, l'arbre découpe sa ramure sur la brume humide.
    C'est de l'été une caricature fade et livide.
    A part la météo, que nous reste-il à part nous lever tôt?
    Qu'importe si nous avançons la tête basse et le coeur vide.
    Nous sommes abreuvés des discours des traîtres à l'humanité:
    DU discours ambiant, insensiblement, nous payons l'écot,
    Eduqués à l'avidité, adulte il ne reste que la soumission et la rapacité.
    Alors, parfois, l'impression d'avoir le coeur apatride.
     
     

    Certains n'ont qu'un drapeau ou un hymne, ça leur suffit,

    Ils sont dans le troupeau, ne marchent même plus au pas, paissent.

    D'autres sont dans le lisier et la fange et encore sourient.

    Je garde une langue, une culture; quelque allergie à la laisse.

    Je garde le souvenir des ailleurs fabuleux, le goût du vaste monde

    Quand il est question de village global, pour mettre l'autre dans sa tombe.

    Adieu au carnaval des dieux, il est un nouveau festival:

    La bourse, les bourses, la mondialisation et la dictature triviale,

    La bannière étoilée pour imposer la liberté de consommer

    Entre deux bombardements, un attentat et un sage assommé. 

    07 augustus

    Le cri

    Parfois mes mots sont comme un cri.
    Ils doivent s'effondrer dans le vide comme un écho qui s'éteint.
    Alors pourquoi ces écrits?
    Pour la beauté du geste, comme le salut de mon âme qui y tient.
    Juste dire, un témoignage, un refus, un appel
    Pour l'avenir, sous la forme d'un baiser ou d'un scalpel.
    Juste me souvenir que je peux croire en demain,
    juste pour ne pas m'endormir repus et mesquin,
    Lancer un sourire aussi pour les amis et les amants,
    Révèrence à ce monde qui sait être si charmant.

    Parfois mes mots sont un cri,

    A moi-même l'éclat d'un défi.

    Avancer, explorer la vie

    Enlacer, couver la vie.

    Les chemins qui ne mènent nulle-part,

    La voie qui passe à peine à l'écart.

     

     
    *