Profiel van schneiderl'îleFoto'sWeblogLijstenMeer ![]() | Help |
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13 juli déménagementJe quitte notre appartement, étrange vestige d'un couple qui n'est plus, vers ailleurs. Exit la proximité du centre ville, j'emmènage au Haut-du-lièvre, quartier plus coloré, plus jeune. En route pour une nouvelle vie. Aurais-je un remplacement en septembre? J'aime enseigner, mais je vais peut-être devoir trouver une autre activité.Je ne renonce pas, non, je compose. Décidément, c'est étrange. Sept ans, il me reste un enfant, Evan. Tout le reste se lézarde, se fissure. Et aussi cette découverte: la vie de couple. Ce n'est pas rien. Mon clavier va me manquer dans les jours qui viennent! 12 juli Adieu Syd BarrettUne légende. See Emily Play, la force des aurores avant le grand midi. Le génie tutoie la folie. Roger Waters, David Gilmour. Du talent, The wall. Dark Side of the moon. Mais assagi, seulement cosmique. J'ai bu dans mon studio d'étudiant en écoutant les cd. Mais à un moment, il fallait cette origine du son. Je ne suis pas un spécialiste, juste un amateur, trop jeune pour avoir connu la folie.J'en ai senti l'écho, ses notes qui continueront à résonner pour qui voudra les écouter. des yeux bleusPour rêver, espérer, voir se dessiner.Rêver.
Mes yeux sombres plongent dans ces lagunes, les fuient.
Ai-je 15 ans? Non, plus du double. Et même 1/3 qui suit.
Pourtant. Et pourtant. Oui, naïf, encore pouvoir rêver.
En vie.
Tout est dit"en vie".
Je quitte ces lieux-ci.
Ceux d'une famille détruite, quel incendie.
Haine, bêtise, envie.
A elles la mort, à nous la vie.
Elles l'ont appelée, ceci dit,
Viens Evan, le soleil brille.
Il séchera les larmes, loin du taudis.
Le monde t'attend, loin des maudits. 11 juli 1h 00Se blesser à la vie, comme à la lame trop aiguisée du coutelas préféré,
L'aimer d'autant plus, pour tout ce qui échappe, demander un référé,
Essayer, même en vain, réussir pour demain,
Aimer l'instant, chaque matin, sans renoncer au lendemain,
Inventer des pistes, tracer des lignes de fuite, créer,
Renouveler notre présence au monde, persévérer.
10 juli Minuit J'ai peu dormi. Suis-je en train de soulever le couvercle de ce siècle "qui bout comme une marmite de fer un potage sans goût"? Ce n'est pas le siècle, mais mon petit temps personnel, et c'est beaucoup s'avancer de dire que j'y sois pour beaucoup!Mais les jours passent, les temps changent, les situations évoluent. Et ce n'est que le début! 09 juli Au coeur de la nuitDéjà tard, encore tôt, lieux neufs, une place,
Des animaux, chevreuils et autres, alentours
On les devine, on les entend, tout autour
Un cours d'eau, de réverbères oranges la trace
Miroite. Une place, anodine, soudain moyeu
Et les rayons qui en partent sont soyeux
Et ils évoquent le soleil, lumière sur le crystal
Des arbres veillent, un banc où deux êtres s'installent
Une promenade, tous les espoirs, ensorcellé,
Mais vient le chant du coq, il faut rentrer
Et cet état, cette excitation, alors la longue attente,
Espoirs incertains, sommeil et détente,
attente. 08 juli L'Evangile selon JudasUne nouveauté qui n'en est pas une. Un renouveau de la gnose? J'ai été interpellé par l'annonce radio, j'ai cherché des informations complémentaires. D'intuition, j'y vois la queue de la comète Da Vinci code. Mais derrière l'effet d'annonce, le coup marketting, la polémique, il y a une vérité. Le remise en cause de dogmes vieillis, la soif pour un renouveau spirituel. L'Eglise a failli, elle ne répond plus aux aspirations, elle s'est perdue dans le siècle. Le matérialisme s'enlise, l'athéisme n'est plus une prise de position mais un confort consumériste. Le troupeau bèle. Il cherche un pasteur. L'homme providentiel pour qui voter en 2007. La star de la chanson, du sport, du cinéma ou de la foule. Mais les expédients ne suffisent plus. L'homme grandit, il va devoir s'assumer. Alors il a peur. Il s'accroche au passé, il le cabosse, le maquille pour inventer une vision d'avenir qui ne changera rien, au fond. Mais ça ne suffit plus.
08 07 2006 Un son, entendu par la fenêtre ouverte, une bride musicale dans la chaleur et la pluie. Et dans ma tête se compose "Summer in Siam" des Pogues alors que la pluie redouble. 1991, je crois. Des vacances à St-Gilles. Un café avec un juke-box vidéo. Et ce morceau, devant un café. Ailleurs où je rêve d'un autre ailleurs, encore plus radical. Je sens cet air océanique, cette ambiance. La frime et le laissez-aller St-Gillois. Là, je n'étais pas un vacancier qui passe et regarde la surface. Je ne le comprenais pas, alors, mais quelque chose en moi faisait écho à ma présence là-bas. Non l'émerveillement d'un endroit, mais l'inscription de ma présence. Je suis lorrain, mosellan, je vis à Nancy et quelque chose est ailleurs, une part de moi que je connais mal. Ici, si loin de l'océan, et pourtant. Mon grand-père paternel fût marin, quittant l'est pour le monde. Mon grand-père maternel n'est qu'une photo, un visage de là-bas. En résumé, mon service dans la marine à Paris... Quelque chose qui attend, je ne sais quoi, comment. Le rappel des ancêtres de Bretagne partis.
Il y a cet écho en moi. Ma vie ici est un échec, professionnel, sentimental. Pourquoi rester? Pour Evan, déjà. Ma richesse, c'est moi, ma formation, ma disponibilité et ce regard résolument au loin. Je ne peux me satisfaire docilement de la vie grégaire du troupeau des "gends du cru". Je doute qu'ailleurs soit mieux ou apporte des solutions. Mais j'étais bien en Allemagne, aussi. Juste de l'autre côté de la frontière, l'autre source en moi? Mais je ne suis pas d'une origine, je serais d'une destination. Ici, ailleurs? C'est possible. Question d'esprit.
Siam... Des temples, des saveurs. Un autre matin du monde. L'invitation au voyage, pas au tourisme, cette nostalgie du colonianisme, mais à mi-chemin de l'errance et du pélerinage, se découvrir un peu de tous les ailleurs.
06 juli expressoCafé noir, serré, comme une gouffre dans la tasse, pupille noire de la tasse-soucoupe blanche. Amer, amer alors que la chaleur s'est enfin atténuée. Saveur de vie, douce et puissante, complexe et poignante. Des meubles démontés, le déménagement. Naufrage d'un appartement, celui d'un couple, celui d'une famille. Mais rebond vers ailleurs. Un père, un fils. L'avenir. En attendant, dans l'immédiat, l'étrange étrangeté des lieux familiers qui deviennent autres, qui vont accueillir d'autres visages, d'autres corps. Y rouleront des pensées nouvelles, des sourires neufs. Ailleurs me deviendra famillier. Est-ce à louer? A déplorer? De toute façon, je le constaterai! 05 juli AudienceCette fois, l'audience a été plaidée. Sa surprise quand elle a dû répondre au juge, malgré son avocate. Plus grande encore quand elle s'est vue imposée au renvoi au 27 septembre afin qu'elle puisse clarifier sa situation. Elle se rengorge d'être infirmière en cdi à Nancy, la question se précise, elle cherche un emploi vers Thionville. Après elle me dira "pour me rapprocher d'Evan"! Dans sa tête notre fils est chez sa mère à elle; quelque part, elle en est dépossédée. Pour la mégère, sa fille n'a droit qu'à ce qui la valorise, in fine, elle. Au passage j'apprends que pour vendre l'appartement, je devraispayer la moitié des dettes qu'elle a laissées. Sans doute n'a-t-elle pas trop de tout son argent pour aider sa mère... "On récolte ce que l'on a semé", les vendangesse feront, dans cette famille, sans moi! Elle auront un goût de cendres, ce goût de leur quotidien.J'ai bien peur qu'elle n'aient aussi un goût de sang. Puisse Evan en être loin à ce moment!
Je crois qu'elle a réalisé aujourd'hui le mensonge, la folie dans laquelle sa mère l'a engagée. Et où elle s'est engagée. Vers quelle destination? Je crois le savoir, elle aussi le sait. La dépression latente, larvée où s'épanouït sa mère, comme une lumière vive qui attire le papillon. Stirb und werde! écrivit Goethe.
Mais il est alors question de volonté, de spiritualité, de désir de lumière. Là, juste la vaste nuit, comme un marasme, ce marégage familial où elles croient avoir enseveli les cadavres du passé, et trouver de quoi oublier ceux de demain. Le pardon? Elles devront d'abord le chercher en elles-mêmes, ce pardon dont elles ont peur, la seule identité qu'elles s'accordent et la culpabilité, d'où se besoin de mordre, de répandre leur venin, de se disculper en créant une normalité à cette image. Même pas de colère en moi, simplement un constat, une sorte d'évidence qui s'écrit. 04 juli avcAccident vasculaire cérébral. J'étais trop jeune, non-fumeur, en bonne santé, sportif. Bref, j'aurais dû m'excuser de me retrouver aux urgences! Ensuite, rééducation, l'incertitude, le handicap. Quelques séquelles, la récupération continue. C'est passé. Je marche, c'est simple de marcher. Et pourtant! J'ai même repris l'entraînement. Mais je sais désormais que la force est une illusion, humilité. La vie vue d'un fauteuil roulant. Passez-vous de cette expérience. Le travail des kiné, ergo, et prof de sport, formidable. Le monde hors monde d'un centre de réadaptation.
Se réveiller un matin, simplement mal à la tête. Se laisser aller aux plus douces des occupations et se retrouver à moitié paralysé, échoué de la vie. Entendre des mots et ne pas comprendre. "Attaque", moi? Pronostic vital à 72h. Le sommeil, la fatigue. L'irm.
Depuis, j'ai pu me promener avec Evan. Ce vendredi là, je n'avais pas d'enfant et je ne savais pas si je quitterai un jour ce matelas. mardi 13 heuresIl fait chaud, je transpire. Mais ce n'est pas une punition, c'est comme la vie, quasiment tangible quand je sens l'eau gazeuse m'abreuver. Envie de soleil, de départ, mais je sens que ce n'est pas une question de géographie.
L'envie d'un nouveau départ, qui traînait et là se crystallise.
J'écoute Question de peau, la plainte initiale de Tiken Jah Facoly me fait frissonner. Je suis né avec la bonne couleur et au bon endroit. Question de pot. Je rame, je galère. Oui mais pas d'exil matiné d'esclavage, des problèmes , certes. Mais que serais-je devenu ailleurs après mon avc? Mais de toute cette chance, je dois tirer quelque chose. Un sens? Le trouver, le créer. Ne pas se laisser submerger par la médiocrité. Ne pas glisser dans la facilité.
Et je vois que je suis encore dans cet appartement-ci, la veille du jugement. Les faits aussi prennent leur temps. Mais tout se précise. L'avenir vient, indiférent à mes états d'âme. L'ai-je voulu? Ai-je adapté les évènements à mon développement? Quelque destin se déploie-t-il? S'écrit-il au fur à mesure? Bien des questions au-delà de mes réponses. L'intuition de continuer, de lui sourire.
03 juli je ne marche pas sur l'eau. Et non, je me suis en immersion. L'avc, la séparation, j'ai cru traversé ces périodes tête haute, les épaules légères. Mais les mots ne mentent pas. Des épreuves, j'ai cru jongler avec. Je n'ai pas vu les plaies et les bosses. Je n'ai pas voulu les voir.Tant mieux, pas le temps de s'apesantir. La guérisson vient de demain. Mais je ne me suis pas rendu au cynisme. Non, je laisse ça aux zombies qui végètent sur un passé qui leur échappent et vouent le monde aux ténèbres pour ne rien assumer.
En lisant Toni Negri, remise en question. Pouvons-nous maîtriser l'Empire. Son fondement me semble plus profond encore, dans les tréfonds de l'homme, Moloch sanguinaire et profond, barrière qui renvoie l'homme à ce qu'il est, que le progrès repousse mais qui résiste.Pied à pied. Des fondamentalismes de tout poil, réactionnaires ou technophiles, libertaires ou fascistes, c'est le même échec qui court. LavilliersCe soir, je lève l'ancre avec Lavilliers. Même pas une bière pour accompagner ses carnets de bords. Mais la nuit, mon ventilateur qui s'épuise. Alors, partons! Oui, demain, je me lèverai dans mon canapé. Mais bientôt je serais ailleurs. Oui, c'est la vie qui m'emmène. Apprendre. Pour quoi faire? Apprendre. Pour arriver où? Les réponses viennent. Elles se passent bien de mon avis. Elles ont l'air de mieux savoir que moi où je vais. Par contre, à moi de décider comment j'y arriverais!
Elisabeth, my dear. Et pourtant la vie continue. Tout reste possible, au fond. J'ai déchiré tant de voiles, arraché tant de masques. Et là, je suis à 1h30, seul. Seul avec ma bibliothèque, Lavilliers et un verre d'Arbeg. Ma solitude vaut plus que bien des mauvais accompagnements. Mais le manque, oh il est ancien. Je peux jouer comme un ancien, je débute encore et j'en ai tant vu.Mais je reste en vie. Qu'ai-je vu? "Question de peau." Merde à Le pen, Sarkhozi et Ségolène. Juste des hommes qui veulent vivre, être heureux. Ici ou ailleurs, ailleurs, si ce n'est pas ici. Mes frères de refus, de quête. Parias, clandestins, illusions. |
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