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    30 juni

    puisque le matin est venu

    Le matin est venu pour briller sur une nouvelle vie, des nouveaux paysages s'esquissent, patience. Puisque le matin est venu, il l'a déjà fait d'ailleurs, le soir viendra. Apprendre à laisser venir et s'effondrer le soir, laisser l'hiver à sa porte. Est-ce possible? Quelle question, il suffit de le rendre possible.Avec un peu de chance, avec un peu de foi.
    27 juni

    Et vient la matin

    La chaleur était tombée avec la pluie. Des flaques sur le parking aérien et le soleil revient.Le ventilateur, constant. Les peupliers agitent leur petites feuilles au souffle léger du vent. Le calme,  l'horizon silencieux. J'ai lu le journal, bu mon café, lu plus avant Les cinq degré de l'éveil, presque fini en fait. Et je regarde la ville, j'essaie de comprendre, de sentir. Patience.
    Toutes ces années. J'ai juste continuer à développer le germe initial, dès l'enfance, douter, se questionner, sans arrogance, simplement ne pas admettre les évidences fausses. J'ai cru au monde de mes parents, ordonné, clair limpide, comme une hiérarchie lumineuse. Et j'ai cru que là où je vivais les choses étaient corrompues. Alors la révolte. Et cette révolte est devenue libération. Ce monde n'existe pas. Il reste à créer.
    J'ai cessé de croire, elle n'a pu rester avec moi. Ma quête de vérité, mes doutes et mes intuitions, terrible ferment de corruption pour son monde rêvée, sa famille désirée, qui n'existe pas, vaste mensonge grégaire pour croire vivre ensemble, foire à l'égo¨sme et à l'asservissement. Elle n'y trouvera pas sa place. Elle le sait, elle le réalisera, et moi je suis ailleurs, en route, encore, incertitude, espoir, lassitude, découverte.
    Mavie n'a pas encore pris forme; des réalisations partielles, des fondements, tout reste à édifier. Le temps passe. J'allais à l'école, je n'envisageais pas de redoubler. Je n'ai pas redoublé, j'ai simplement abouti à des diplômes sans métier.Alors je suis maître auxiliaire, prof particulier... J'aime ce que je fais, mais c'est en marge, quelque part. Comment prendre ce monde au sérieux, son seul sérieux est cette réalité dont il essaie de nous broyer?
    Alors le soleil brille, c'est calme et beau, et la beauté me dit que là, dans ces ruelles, une piste, un signe, quelque chose.Sans armure ni dragon, il reste la quête, de soi,il reste bien pis que le dragon, notre modernité pédante, la trop parfaite définition des contours qui aveugle.
     
    26 juni

    26 06 2006

     La chaleur. Le ventilateur peine, son mieux n'est pas assez. Tout semble s'engluer. Se figer. Un vaste marais de goudron, la plage après la marée noire, encore ce n'est pas la grande canicule. Je ne sais pas quoi faire, alors jene fais rien. Je vais écouter le président, tiens. ca me fera rire. Jaune, sûrement.
     Ensuite viendra l'inspiration, dans l'air du soir.
     Notre président cite Borloo, une désignation du dauphin? Enfin, manifestement, l'avenir prend racine. Le changement devra imploser, un jour ou l'autre, plus tout tiendra, plus tout explosera. "Feuille de route": papier torche-cul pour routard?
    23 juni

    S'aimer jusqu'au Gange.

     Oui, ce premier amour, sa soif d'absolu, sa démesure et sa sincérité. Découvrir qu'aimer, c'est autre chose que se plaire, s'apprécier, que la sensualité n'est qu'un moyen de chercher la fusion...
     Un écho de Manset: "ceux qui ne se sont pas aimés jusqu'au Gange." S'aimer jusqu'à ne plus avoir qu'un kharma, l'image est belle. Un kharma commun. Qu'est-ce qu'une vie en comparaison? Même le mariage? En attendant, impermanence. Des bons moments, des souvenirs, du temps passé comme en route. Vers où? Vers qui? Nicea, Irima, n'est-ce pas étrange: aimer et croire ne plus aimer, aimer à nouveau? Alors le soleil, le ciel éperdument bleu. Le zen dit qu'il n'y a pas d'atman, qu'aime-t-on alors? Interdépendance, aimer et ne pas comprendre l'universalité de l'amour? Je préfère le mythe d'Aristophane dans le banquet de Platon. Chercher sa moitié. Et donc croire la trouver? Ou pire la trouver et la perdre.
     "deux voiles blanches"
     N'aimons-nous qu'une illusion semblable à nous-mêmes, sur fond du vide, Ku, où tout n'est qu'écume, illusion passagère et dérisoire? Mais il y a autre chose, le vol du paille-en-queue comme un trait fulgurant, derrière l'illusion, la force, l'énergie. Les quarante-neuf jours de zazen du Bouddha. La faiblesse de Jésus au mont des oliviers.
     Pourquoi ce premier amour qui n'est pas vraiment le premier tant il est différent, n'at-il pas duré une vie et plus?
    22 juni

    2h03 le 22.06.2006

    Ma fête de la musique à moi, c'est un morceau de Manset tard le soir en buvant du cidre. La fenêtre est ouverte.La nuit noire. Tout est si calme. Un train passe, dans le nuit, du fret. Je pense à cette image un peu folle du train des morts dans le film qui ainspiré à Metallica le morceau One. Des ailleurs. Je suis décidément sur une ligne de fuite. Me déterritorialiser de la vie en ruine pour me reterritorialiser ailleurs, un autre appartement, d'autres visages, trouver une nouvelle vie, avec Evan, pour lui, pour réaliser le rêve dans ses yeux.
    Et mon rêve à moi? Un peu de poussière sélène, il y a déjà longtemps. J'aimerais qu'elle sache. Combien je l'ai aimée, à quel point je n'ai rien compris alors, à quel point j'ai appris.Ici, ailleurs, heureuse, défunte... je ne sais rien, juste que Gérard Manset chante "Amis" et que le plus pur de ce que peut battre mon coeur bat comme ce jour de Janvier où, enfin, nous nous étions embrassés, un kiosque, la pluie, St-Avold. Nous arrivons en retard en cours et la classe sourit. Je suis trop romantique, pas de ce romantisme des dragueurs, mais de la soif d'absolu. Elle était un absolu. Pour elle, j'eusse appris à chanter, "veux-tu" pour rester chez Manset. J'étais un révolté, en rébellion contre la société, la terre, Dieu, moi... J'ai depuis compris que la liberté ce n'était pas l'opposition. Ce jour où elle m'a quitté. Je n'ai pas menti. J'ai connu cette longue nuit, celle d'un coeur dévasté. Puis la vie a tourné les pages, j'ai connu l'ivresse des corps et des rêves.Pourtant. Quelque chose est resté sien, le restera sans doute à jamais. Elle m'appela "vagabond des limbes", un jour elle me donna deux anneaux, si fins, en me disant que je ne serais plus jamais seul. Savait-elle qu'elle avait raison? Elle est là, à jamais à 17 ans, un bracelet à la cheville, d'une beauté étrange, diaphane, fragile et d'un érotisme fou, mon rêve brisé. Je l'ai revue deux fois, souffle court et teint livide, elle mefaisait l'effet d'une apparition. Je n'ai rien su dire, trop à conserver une contenance. 1987. Bientôt 20 ans. Le bel amour adolescent qu'on ne peut jamais vraiment oublier? Peut-être. Mais elle reste comme une richesse, un trésor dans mon passé. Se souvient-elle seulement de moi? Ne suis-je que le souvenir d'un imbécile? 
    "Juste avant l'exil",oui, il me fallait cet exil pour pouvoir être. J'ai cru suivre ses enseignements et j'en garde la force de l'amour,je la lis dans le regard d'Evan. 
     Parler d'elle me donnel'impression d'être un ancien combattant qui radote les gloires passées.
    21 juni

    Je suis un sanctuaire au-dessus du cratère d'un volcan

     Je devrais me moquer un brin de moi-même, pointe de cette ironie qui va avec ma passion du citron frais. J'ai l'impression que larencontre est proche, qu'il va se passer quelque chose. Le bateleur jongle avec le mat et l'impératrice, et s'il s'annonce un jugement et que même le diable s'en mêle aucune raison de frissonner, sinon d'impatience. Mon âge est illusion, ma vie reste à faire. Dans ma besace, un fils, de l'expérience et du savoir. Avec de la volonté et un sourire du destin, tous les châteaux peuvent être construits et pas seulement en Espagne. L'ambition ne m'a jamais manqué, s'attisant des échecs, se crystalisant autour des déceptions. Mais il se fait temps de réaliser, construire, parvenir. Rien n'est acquis, tout est possible. Alors astiquons nos dents pour le sourire le plus carnassier au destin, l'âme sereine et le coeur ferme. Je suis un sanctuaire au-dessus du cratère d'un volcan. Laves et méditation, grondement et murmure,silence. Mais une même volonté, l'étincelle démiurgique.
    20 juni

    mariage de mon cousin

     10 ans de vie commune, un enfant, et il franchit le pas. Je pense qu'il a mis tout ce qu'il pouvait de son côté, mais vu la période, un peu de chance ne sera pas de trop. Les paroles de Manset quant aux robes blanches que les souillures balaieront comme des avalanches. Quand le ciel est bleu savoir esquiver l'orage qui sommeille.  A la naissance d'Evan, nous avons été heureux. Le soleil et nos rires. Mais déjà ce bonheur était le venin, comme une accusation pour elle, sa mère n'est pas heureuse. De quel droit, elle, le serait-elle? Le poids du passé qui ressurgit, malédiction.
       Mon cousin fait construire, j'espère qu'il n'a pas de ces hypothèques secrètes qui pèsent sur lui... Il a tout pour être heureux, alors pourquoi ne pas l'être et le rester?
    13 juni

    13 06 2006

      Les questions, le doute. Vais-je suivre la bonne voie? Suis-je juste en train d'aller d'inconséquences et échecs? Les évènements s'accélèrent, je ne peux que réagir. L'ombre du quiétisme plâne. Mais, en même temps, tout semble pouvoir aboutir quelque part. A l'instant présent, déjà. A un sens, faut-il espérer. Alors il reste la foi, celle que donne le soleil quand il pose sa puissance sur la peau et conduit les yeux à sciller. L'avenir, y aller. Le cap, tenir le cap.
    09 juni

    et m...!

     Le soleil est de retour, mais les évènements me laissent perplexes. Tout reste à faire. Je n'ai pas eu l'admissibilité. Je n'ai toujours pas déménagé. Il n' y a toujours pas de jugements. Surtout, je crois que je suppose trop. Je devrais appliquer le conseil lu sur le site de Nicea. Par rapport à Evan, c'est simple. Sa mère voudrait que je ne le vois plus et que je le vois, en fait, elle voudrait le contrôle total. Professionnellement, j'ai besoin de recul:que ferais-je dans un mois? J'aime enseigner, j'aime la philosophie, mais je n'arrive pas passer la porte des concours. Bref, une journée de réflexion s'impose.
    07 juni

    nouvelle audience

    Nouvelle audience, nouveau report. Mais cette fois, de nouvelles pièces dont une main courante stipulant que j' l'aurais frappée plusieurs fois et qu'elle n'a pas de certificat médical. Comme c'est étrange. L'escalade a lieu. Elle me parle gentillement au tribunal, si différemment  que lorsque sa mère est présente. Elle se retrouve prise dans la vindicte maternelle contre celui qui ne l'a jamais considéré autrement que comme une personne. Non pas une victime. Quel affront! Laisser la responsabilité, la liberté et ne pas, qui plus est, être impressionné. Alors elle pousse à la haine, elle incite, elle allume le foyer chez sa fille et elle sera confuse des conséquences, encore victime. Comme sa fille qui dira un jour n'avoir fait que se laisser influencer par sa mère. Surtout n'endosser aucune responsabilité. Braves gens engoncés dans la petitesse et la bassesse.
    05 juni

    Stage d'Hapkido

     L'art martial comme une eau pure qui apporte la force. Les techniques corporelles, l'intelligence du placement, des mouvements pour déboucher sur la question de l'esprit. Méditer pour acquérir une autre force, pour dépasser ce monde-ci. Pratiquer pour comprendre, le maître qui résume ainsi les choses: la victoire, oui, en passant, comme un jeu futile et peu dangereux,mais ce qui importe finalement, c'est la philosophie.
    03 juni

    Vendredi 02 06, 12-4h.

    Dire. Crier.
    Murmurer.
    Solitude.
    Emmuré.
    Désarmé? Non.
    Solitude assurée
    D'un passé, d'un présent, solitude.
    Vers demain, incertitude certitude.
    Vers demain, pour de bon.
    La raison de lin blanc drapé,
    Le coeur prêt à écharper.
    Echos de soirée,
    Nul regard pour d'évader,
    Solitude.
    Pas même un verre,
    Même vide, juste l'air
    Du soir, du temps,
    un sourire à hasarder.
     
    *