Profiel van schneiderl'îleFoto'sWeblogLijstenMeer Extra Help

Weblog


    30 maart

    audience

     Première audience, simple renvoi en attendant d'avoir des précisions sur les intentions de localisation dela mère d'Evan. Un mois. Rien que quelque chose d'anodin. Mais non, elle me ratrappe furieuse sur le trottoir. Elle affirme que le problème concerne l'endroit où elle va travailler, non seulement l'endroit où Evan résidera quant il sera avec elle. Cette adresse est fixée chez sa mère. Symboliquement, elle ne peut pas représenter un problème. Mais elle l'est: elle est l'occasion d'un rappel au principe de réalité. Contrairement au fantasme de sa mère qu'elle a repris docilement, je n'ai aucun droit, je n'existe pas.  Le juge devait l'entériner, lui dire qu'elle avait tout pouvoir sur Evan, dont celui de me le présenter selon son bon plaisir ou presque.
     Pas même besoin d'une décision, la seule possibilité d'un doute l'atteint de plein fouet. Et si elle avait tort? Possibilité inadmissible. Car derrière elle, c'est si sa mère avait tort? Si elle n'incarnait pas le bien? Avant l'audience, les larmes aux yeux, elle avait l'air de s'excuser pour tout ce qui arrivait. Elle était sûre d'elle, sûre de m'écraser. Et ça ne s'est pas fait, il faut attendre. Tout ne coule pas de source comme elle a pu le croire ou, plutôt comme on l'en a convaincu. Mais là, le grand mensonge familial se lézarde. Surtout qu'il ne repose pas sur l'ignorance mais la mauvaise foi. 
    27 maart

    un fils

     J'ai un fils et il est loin de moi. C'est un crime, un crime ordinaire , circulez. Mais on récolte ce que l'on sème. J'ai peur que cette dureté n'atteigne Evan.  Que dire? Maudire? Inutile. Médire, c'est bas. Juste espérer, pour Evan, pour lui.
     J'ai un fils et il a une mère. Il serait temps qu'elle le comprenne. Mais elle appartient à un lieu, une région maudite, un village maudit, expression de la médiocrité qui triomphe. Mais elle court à sa perte. Maintenant, je devrais en rester le silencieux témoin. Pourquoi ce syndrome de Cassandre?
      Page qui ne peut se tourner, pour Evan. Et elle doit se tourner. Elle se tournera. Elle est tournée. Mais mon fils reste, dans cet ailleurs d'une famille qui n'est qu'un masque de névroses.
     Et le sang est le même en lui et en moi. Ce que sa mère ne pourra nier. Elle sépare ce qui ne peut être séparé, pour une femme qui a renoncé à l'avenir, pour une femme qui pose sur elle une dette infinie, celle d'avoir été sa mère.  
     Les conséquences, balayées d'un haussement d'épaules, volonté ferme de ne pas voir. Le kharma en question est logique, juste la continuation de leur vie, machinale, morose, à ressacer un désastre passé, sans doute celui d'être né. Et le plus grand drame, ne pas penser. Surtout pas, s'aveugler, ignorer. Tant que faire se peut. Puis se dire désolé, clamer son irresponsabilité en se délectant de culpabilité.
     
    26 maart

    mots

       Mots ne m'abandonnaient pas! Je vois les jours défiler, la vie m'apprend, mais sans les mots que me resterait-il? Juste le poids des évènements, le sentiment d'injustice, la déréliction et l'auto-incompréhension. Alors le barrage des mots, la passerelle des mots, viatique, talisman.
       Polir un mirroir, se voir, dessiner son reflet? Je ne vois pas ce qui serait plus propice. Me comprendre. M'apaiser.
    22 maart

    ailleurs

      La nuit est là, Evan est avec sa mère. Me voilà seul. TOut à l'heure, je vais chez des amis manger un poulet au vin jaune aux morilles. Rien que ça. Là, je regarde la vue, cette vue que je vais perdre. Je quitte cette vie pour la reformater ailleurs, en d'autres lieux. L'ai-jevoulu? Je ne crois pas. Je resterais bien ici, tant pis. Je ne pourrais plus supporter cette famille avariée centrée sur son nombril. D'elle, je veux protéger Evan. ils ne savent pas ce qu'ils font. Du moins, ne peuvent-ils pas se l'avouer. Mais Evan est une force qui les dépasse, Ils ne sont que de tristes sires, de pauvres humains qui croient vivre alors qu'ils n'essaient même pas.

    La fin de la télé-réalité.

      Il est donc illégal de ne pas admettre que les candidats à ces émissions travaillent, 24/24, à l'isolement qui plus est, pour leur employeur. Sous prétexte de passer à la télé, l'abandon de sa liberté. Mais pourquoi stigmatiser seulement l'employeur? Il a le pouvoir, l'argent, il propose, mais les candidats acceptent. N'en ont-ils pas le droit?
     Leur liberté, hélas, montre surtout que la liberté n'est pas acquise. Le CPE dit bien la même chose: vous voulez travailler? A genoux, sinon l'ANPE. On parle de revaloriser la valeur travail, mais ce gouvernement la confond avec la soumission. Le travail? Hélas, il est confondu avec le devoir de mériter, il devrait être possibilité de s'accomplir.
     Délocalisation, production, consommation, crise, pnb... Joyeux quadrille où s'expriment l'avidité et l'orgueuil, course vers le "nom du père" et volonté de domination, non au sens nietschéen, mais à celui de l'humaine faiblesse. L'aristocratisme selon Nietzsche met ce monde à mal, il repose sur la volonté, la possibilité de dire "oui", à soi, au monde, pas ce "oui" de soumission qu'on nous impose de gémir à nos patrons le sourire aux lèvres.
      La plupart des individus veulent un chef qui prennent la responsabilité et des subordonnés pour se sentir aussi écraser. L'un et l'autre vont de paire.
    20 maart

    Apropos d'avenir.

      Un compromis de vente est signé. Mon appartement n'est plus le mien. Il ne l'était, il est vrai, qu'à moitié. Donc l'avenir passe déjà par un autre endroit. Je ne le voulais pas, je l'admets. Faute d'avoir le choix, en partie. D'un autre côté, c'est sans doute mieux de ne pas rester sur les ruines du passé. A quoi bon tant penser, c'est juste une question d'argent. Malheur à ceux qui adorent le Veau d'Or!
      C'est ce monde de mort qui triomphe même dans le CPE, sacrifier la jeunesse, nier les progrès, retrouver un ordre qui n'est pas Appolinien, mais celui de l'entropie. La démocratie va devoir affronter son mal constitutif, la dérive démagogique qui couvre la réaction, comme une purulence. 
    16 maart

    Lutter pour l'avenir.

      Il y a cette nouvelle réaction, cette tentation à l'involution. Au-delà des clivages, alliance des extrêmes, alliance des conformisnes de droite ou de gauche, en fait une tentative pour éviter que le monde n'évolue autrement qu'en complicant ce qu'il fût, en réitérant ses erreurs, ses impasses. Le chef d'entreprise comme le syndicaliste, dans leur lutte, finissent par vouloir surtout la pérennité de cette lutte.

    Et viennent les réponses.

      Je termine ma lente lecture du livre noir de la psychanalyse. Le rapport de l'Insern sur la graine de délinquants m'y pousse. Et là, une pépite. Il ne saurait y avoir de sexualité orale puisqu'il n'y a pas d'hormone sexuelle sur cette zone. Tout est dit, nous sommes bien dans la notion "L'esprit et la matière": la sexualité s'épuiserait dans l'hormonal. Le psychique ne serait que du physique incompris.
      Belle certitude aussi que d'exclure, comme une évidence, la possibilité d'hormones encore inconnues. C'est ce mécanisme qui fait le monde à la convenance de l'homme, l'ultime perversion du kantisme, transformer le phénomène en sa perception en croyant modifier le noumène. Pour G RYLE, il n'y a pas de fantôme dans la machine. Mais en méditant, j'ai eu une sensation d'un autre en moi, de moi plus profond. Illusion?  Peut-être, il me faut encore méditer. Mais ce ton de fausse évidence est celui de notre modernité: on avance l'argument et le ton employé est l'argument principal.
      Les erreurs de Freud, ses errements, si coupables soient-ils ne peuvent à eux seuls invalider sa découverte. C'est d'ailleurs toute l'ambiguïté du livre; on critique Freud sans jamais récuser foncièrement son hypothèse, silence assourdissant! L'attaque ad homimem comme seul argument. Freud à lui seul, n'a pas pu tout découvrir. Aveuglement sectaire que de prétendre le contraire. Mais ce n'est pas une raison pour tomber dans les bras des partisans de l'homme-machine, non plus théorie de libération de l'emprise religieuse, mais tentative de formater l'homme pour la société actuelle, de faire de toute déviance bien pis qu'une aliénation mentale comme le firent si bien les communistes mais un dérèglement hormonal à traiter par des mollécules. Place au nouveau totalitarisme. Place à l'homme unique! 
    15 maart

    Le siècle des lumières

              Que nous sommes encore loin de ce que rendait possible le siècle des lumières. La liberté de penser par soi, différemment est devenue cette opinion sous influence qui a établi une nouvelle aristocratie, économique cette fois, appuyée comme naguère sur la volonté de soumission du troupeau. Qu'il y est des leaders est normal, ce qui compte, c'est vers quoi ils veulent conduire. L'heure est à un speudo-pragmatisme ancré dans la jouïssance, englué dansle court terme. Je me promenai à Metz et l'archtecture composite, sans réelle cohérence m'a frappé. Sans doute fallait-il loger, vite, ceux qui travaillent dans une région industrielle et pas touristique.
             Et ce bétail en était fier, fierté de travailler, sans même comprendre qu'il ne le faisait que pour sa survie, préférant l'orgueil mesquin de mépriser ses voisins au désir de voir changer le monde. Naïveté hier, aujourd'hui faute. Les hommes peuvent savoir, apprendre. Ils ne veulent pas. C'est tout. Mais changent les désirs, l'avenir n'est pas clos? L'évolution.
            Des mots comme "liberté, égalité, fraternité" voyagent encore, dans le temps et leur message avec eux, même s'il n'a pas encore trouver les oreilles qui sauront l'entendre, il voyage encore et sait qu'un jour, il sera entendu.Comment y aider? Se changer soi, ne pas se perdre en leçons stériles, d'abord incarner. C'est dur.
     
    13 maart

    méditer

     Par deux maîtres différents, dans des contextes différents, j'ai obtenu la même réponse: la lumière nuit dans les ténèbres et inversement. Il y a aussi un passe ge semblable chez St Jean. Je constate aujourd'hui que cet enseignement ne m'était pas parvenu réellement, simple savoir qui attendait que la vie l'active. La compréhension intellectuelle est simple: interdépendance, le Yin et le Yang, l'alliance des contraires... Mais à un moment les mots s'effacent devant le sens, global, manifeste. Non plus comprendre, mais savourer. 
    12 maart

    soleil!

    Un soleil radieux règne sans partage, dehors. La lumière explose, balaie les miasmes du confinement sous ciel gris, chante la vie et appelle à sourire. Grande clarté qui fait plisser les yeux. J'aspire à la lumière comme le nageur à la terre ferme, quand l'océan montre sa force, que le courant rend lointain le rivage pourtant proche, que l'effort impose la fatigue.
    10 maart

    le printemps s'annonce.

      Le soleil revient, Evan pourra retourner jouer dehors et courir les bois. Sol invictus. La lumière qui revient viendra balayer les ténèbres et leurs agents. Ma part de ténèbres? Je la sais et je m'efforce de l'assumer. Sans doute est-ce là toute la différence avec ceux qui se contentent de la nier, trouvant dans la conformité au troupeau l'opium nécessaire.
      Mais la question à poser est "que faire?". Avoir un vrai travail, stable, fixe, déjà. Puis un toit, écrire. Retrouver une famille, y accueillir une femme solaire, Evan, d'autres enfants, reconstruire, sans nier le passé, sans y rester prisonnier. Donner à Evan le meilleur de moi, l'aider à mieux s'orienter dans la vie et éviter mes errements, il aura déjà les siens. Lui apprendre à penser, à être autonome.
     Je sais déjà qu'il devra surmonter bien des traumatismes, à moi de l'y aider. Je dois donc éviter de mettre trop de tension entre sa mère et moi.
    07 maart

    cpe

     Les jeunes manifestent, ils ont raison. Modifier le marché de travail est une nécessité, mais rien n'établit qu'il s'agisse de servir automatiquement les patrons. Il faut une formule qui parviennent à plus de souplesse et moins de précarité, donc à un effort collectif qui, s'il semble utopique, sera une évidence grâce à l'aiguillon de la nécessité.
    Je partage ce désarroi. Je vis dans un appartement en vente, j'ignore où je serais demain, ma vie apris un tour inattendu, rien n'y ressemble à ce que je pouvais attendre. Pourtant je suis convaincu que l'avenir viendra apporter une cohérence. Peut-être est-ce toujours ce besoin de sens qui vient donner la foi pour aller de l'avant et parvenir à construire. Je ne sais. Comment puis-je concilier la liberté et le destin? Sans doute s'agit-il d'accomplir, d'atteindre l'arete. La liberté est dans la possibilité de le vouloir ou non, d'accepter la quête ou de se rassurer par les autres, l'ivresse sociale ou les certitudes familiales. 
    06 maart

    Réflexion

     J'interroge silencieusement les nuages sur la ville. La nuit pointe, comme le téton d'une danseuse exotique, se dévoilant presque à reculons, s'offrant en se dérobant. Je ne pense pas, je regarde. Inutile de penser, il suffit de voir.
     Lendemain matin, un soleil éclatant. Les toits sont légèrement blancs, la neige s'efface peu à peu, mince pellicule. La lumière comme une bénédiction!
     
    03 maart

    Second jour de capes

      Commentaire de texte, Descartes, trois articles des passions de l'âme. Là je suis lessivé, je pense n'avoir pas fait quelque chose de trop mauvais, mais le montre de place au concours suffit à calmer toutes les triomphalismes anticipés! Ciel gris, temps où fond la neige, comme une immense pureté qui n'en finit plus de se réveiller souillure. C'est un peu de fatigue, de toute évidence.Dans un mois, l'agrégation, pour voir si je tiens le choc.
      Quoique je me plains un peu facilement, j'aime assez ces épreuves, cette stimulation intellectuelle. Je vais retrouver mon fils et m'occuper de lui, c'est ce qui importe.
     
    02 maart

    jour de capes

     Disserter 6 heures, sujet des plus classiques "Doit-on chercher à tout démontrer?" Je suis assez satisfait de moi, sans savoir si ça suffira. Peu de candidats, sans doute une réputation de concours difficile. Elle n'est pas usurpée.
      C'est étrange ceretour à la case capes si longtemps après l'oral raté à un point. Ma vie eût alors pris un tour bien différent. Je le dis sans regret, simple constat. Evan ne serait sans doute pas là, d'autres enfants, peut-être, d'autres lieux. Ceux-ci vont changer, tant de choses ont déjà changé.
     
    *