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    30 november

    le mitard 2

     Mesrine... En sortir, "exister si peu", s'étaler dans tous les journeaux, le sort fatal est inscrit. Mais pas la mort dans un cul de basse fosse, la mort au grand air. Abattu comme un chien, mais un chien dangereux, un chien qui fait peur. Vite étouffer la mauvaise conscience, se rendormir tranquillement. Ce sinistre policier numéro 1 qui veut coller des formations contre la délinquance. Mais il est où le travail? Le travail... comme viatique, belle solution judéo-chrétienne qui nous renferme sur le passé. L'homme peut avoir un autre devenir, il doit le conquérir. La grande révolution à venir. En attendant, même plus d'ennemi public n°1, des jeunes qui brûlent des voitures. L'ordre règne. Les français sont prêts à élire un ou une qui ne sera que le gardien de la prison où le peuple de 1789apprend la discipline, celle qu'il s'impose.
     Peut-on faire d'un criminel un héros?Peut-on faire d'un homme un monstre? Bien sûr que oui. Exécuté, achevé d'une balle dans la tête. Il a choisi sa vie. Les monstres, c'est ceux qui récusent toute culpabilité. Qui dorment en paix quoiqu'il arrive, parce que... parce qu'il n'ont pour toute conscience que celle du troupeau. La soumission au conformisme. L'addiction à la soumission. Un homme se lève et sa trajectoire prend un sens chaotique. D'aucuns diront qu'elle n'a aucun sens.Pour eux, non. Pas plus que leur vie pour lui. Juste un homme seul, un jeu, un enfant perdu. Du rêve, des morts. Pour arriver à quoi? Une légende, un temps à les légendes qu'il mérite. Aujourd'hui nous n'en avons plus. Du moins sur notre sol. L'ordre règne et les prisons empirent.
      Le travail, mais travailler à quoi? A produire plus? L'impasse est annoncée, mais tout reste à faire en vue d'un monde meilleur, travailler à changer l'homme.  
     
     
    29 november

    métaphysique quand tu me tiens

    C'est amusant, il y a des thèmes qui ne sont jamais gratuits. Mais quoi. Je vis, j'agis, et... comprendre, satisfaire l'envie de sens. Pouvons-nous oublier que nous sommes de passage? Oui, la plupart du temps. Pouvons-nous oublier que derrière l'évidence de notre présence au monde, il n'y a que le fonctionnement mécanique de nos sens? Nous voyons le tableau, mais nous en voulons plus. Pourquoi aurions-nous tort? Vivre, oui, ici et maintenant. Mais c'est un peu court. Explorer, apprendre, approfondir, découvrir.  Pour comprendre encore faut-il le vouloir, non pas d'un claquement de doigts, mais comme une tension, on n'investigue pas avec son esprit, au chaud dans son bureau. On s'y risque corps et âme. Pas pour produire un beau livre qui viendra assoir une réputation, mais parce qu'on a pas le choix. La philosophie est érotique, c'est vrai, elle a bel et bien à voir avec un désir. 

    Richard Rorty L'abolition démocratique de la métaphysique.

          Puisqu'il n'y a rien de tel qu'un être transcendant, nous ne sommes que ce nous faisons, disons. Au fond, nous sommes une illusion, mais qu'importe puisque celle-ci sera démocratique et libérale. Si ce discours à un sens contre le discours de l'axe du bien, dans l'absolu, il n'est que le triomphe du sophiste. Tout est égal. L'anomie des valeurs, le suicide avant la liberté. Décidément, quelle marge de manoeuvre ténue pour la raison. Surtout quel bel effort pour prouver que ce que dit l'auteur n'est que littérature. Quel bel hold-up! Vous devez m'écouter, puisque ce que nous disons n'a de valeur que parce que nous le disons. L'homme-dieu, l'homme démocratique vide et fatigué. Son cou aspire au couteau, viendra bien quelque bonne âme pour abréger ses souffrances. Derrière l'apparante lutte contre les fanatismes, contre les hiérarchies fantasmatiques, il n'y a que le nihilisme qui congédie l'idéal pour jouir pleinement.
         Non, pour être libre, je n'ai pas à m'abstenir de faire une différence de valeur entre un kebap et un chateaubriand. Je mange les deux avec plaisir. Mais de la vaisselle de porcelaine, un bon bourgogne, des chandelles, ça en jette quand même. Ne plus faire de différence, c'est se condamner à ne plus apprécier le moment privilégié.
    28 november

    exhibition

       Une intuition: la mère d'Evan a besoin d'un témoin. Elle a besoin d'un regard, d'une voix pour porter sa sale petite histoire. Intoxiquée de télé, de mauvais soaps, non seulement elle joue dans un monde virtuel, mais elle y joue un rôle et elle a besoin d'un témoin à ce rôle. Les jugements qu'elle n'ose pas, elle m'en confie le soin. Elle s'offusque de leur énonciation, mais revient souvent sur ce sujet, attentive aux arguments. Se rend-elle compte du dédoublement qu'elle se prépare? A-t-il déjà eu lieu? Elle me l'a dit, l'enfance, le besoin de mentir pour se créer une famille idéale. Se mentir.
       Avec moi, elle a trouvé un filon précieux: j'incrimine sa mère, sa grand-mère. Quelqu'un l'adit, elle peut rester solidaire. Ne pas couper le cordon. Mais plus encore, elle est la victime. Prise en moi et sa mère. Ce que je n'avais pas suffisemment vu, c'est que ce n'est pas une position subie. Elle installe un camp de base, mais définitif. Un affranchissement sans cesse avorté. Faire comme si, continuellement. Qu'un mensonge tombe et la survie est compromise. Alors jouïr d'entendre dire ce qui s'approche de la vérité, mais à bonne distance.
       Elle me rappelle, elle veut apparemment obtenir Evan pour le réveillon. Elle lance les sujets, elle relance les mêmes sujets. Elle ne prend même plus la peine de contester mes conclusions. Elle multiplie les sujets, elle joue sur du velours. Elle précise bien que toute la famille sera là. Pour s'assurer que je ne change pas d'avis. Elle me demande si c'est pour la faire chier: elle me dit, oui, oui, continue. T'es sur la bonne pente. Seraut-ce à dire qu'elle m'instrumentalise pour sa révolte? Même pas, elle ne sait pas où elle va. Elle sait seulement ce qu'elle fuit, en y revenant toujours. Elle doit courir, aller plus vite que le bruit de la vérité, petit grondement qui croît, qui croît. Il y a ce 15 février où elle n'a pas sauvé son père, sous le regard de sa mère. Thraumatisme énorme, identifié, en trompe-l'-oeil. Ce n'est pas une origine, c'est un moment fort, l'origine est plus loin, plus loin encore que l'engueulade de sa mère enceinte à 17 ou 18 ans. Un mal ancien ronge ces femmes, génération après génération, entretenu à chaque naissance. Il faut impérativement une fille, à tout prix.  
      

    Comme dans une boule de crystal.

    C'est à couper le souffle. Je téléphone à Peggy à une heure où Evan est à l'école. Elle répond. Elle ne veut en rien m'empêcher de parler à Evan... mais si elle ne l'a pas pour Noël. Noël, tout de même, paix et amour universels. Mais ça n'a aucune validité en novembre, ces bons sentiments. Je ne vais pas le priver de... ses cousins, bref empêcher sa mère de jouer son rôle dans le fantasme de la famille unie. Je ne veux quand même pas qu'elle ait à prouver que je ne suis pas le père d'Evan?  Ce sera ma faute. Hélas, je ne suis pas dans un monde virtuel: je suis ou je ne suis pas biologiquement le père d'Evan. C'est un fait. Je ne conteste pas. Soit, soit, une alternative. Ensuite, c'est le retour aux accusations, je ne subviens pas aux besoins d'Evan.  Contorsions diverses parce qu'elle veut du fric. Belle reptation, mais je ne m'énerve pas. Mon fils ne manque de rien lorsqu'il est avec moi. Pour le reste... oui, elle fait ce qu'elle veut de sa vie, je m'en fous. Alors là elle glisse un rendez-vous chez le gynécologue. Bon vent, ma chère. Ce que tu fais, je m'en contrefous. Je ne glisse pas la question indidieuse: "t'a-t-il déjà frappé, ton amour ineffable que tu as déjà trompé?" Je vois, je sais. Je respecte ta liberté. Tu as choisi, tu te lances dans une impasse, tu obéïs au fantasme maternel: te sacrifier pour elle. Ce qu'elle attend, tu le sais, au fond: "c'est terrible pour une mère de perdre sa fille". Je croyais à une tangeante, mais vue la vitesse à laquelle les choses évoluent. L'autre option, c'est le fait divers. Et là, tu fais de ta mère la victime au premier degré puis tu deviens la sur-victime. Bien sûr ce sera aussi ma faute, d'une façon ou d'une autre.  Mais la vie est généreuse, si tu veux être victime tu le seras, elle accomplira ton souhait. Elle l'accomplit déjà, depuis longtemps. L'argent revient. Aurais-tu déjà si bien entamé ton pactole de la vente de l'appartement? 
     Je pourrais parler ce soir à Evan. Quel élan de générosité! Surtout quand j'en fais le préalable à toute poursuite des négogiations. Parce que tu as décidé d'avoir Evan à Noël. Tu me parles pour 2007. Comment pourrais-je encore croire en ta parole? Tu y crois peut-être toi, mais je vois déjà le désaccord juste avant, le téléphone raccroché. Et à l'occasion suivante, retout au même argument, "c'était pas ma faute". La faute du juge, de mon avocat, ma faute... et la lune et le soleil et Saddam Hussein.
     Tu vas même jusqu'à me dire qu'il na jamais été question de m'empêcher de parler à Evan.  Je vois le monde destructuré où tu es en apesanteur, virtualité pure pour oublier la chute. Le drame est que j'en ai parlé, ça a été dit. Tu le sais mieux qu moi, mais tant qu'aucun écho n'est soulevé, tu pouvais le nier. Maintenant c'est en chemin. Alors oui, des péripéthies pour ralentir, mais ça ne fait que ralentir. Tu tombes et la vérité remonte. Avis de collision.

    Révolution

     De l'injustice qui croit, un nouveau bain de sang viendra. Auschwitz, plus jamais ça! Plus jamais un si petit débit dans l'horreur! La nouvelle aristocratie pérore dans les médias. Elle a failli, un monde bien meilleur est possible. Liberté! Elle a été traïhie, de puis 1789. Honte à ceux qui ont laissé faire, pour un profit, pour une vilennie.

    violence

      Emission de France 2. Edifiant, ces spécialistes qui décrivent, analysent et me comprennent rien. Non, ce n'est pas la faute des PS 2 et du cinéma, cette violence n'est pas celle d'un monde virtuel, ce monde virtuel n'est qu'une sortie, une échappée belle. Et un jour, la chance n'est pas là, la bêtise tourne mal. Ces brillants experts que savent-ils? Pas des livres, pas des théories, mais de l'adolescence quand on se sent exclu. Quand on se sait de trop. Que savent-ils des bières tièdes pour tuer les journées d'été? Que savent-ils de la violence qui bout, dernière station avant le néant.  Trust assassiné par Elsa-des-beaux-quartiers chez Ruquier, entre deux éclats de rire. Petite conne trop friquée et trop people pour y comprendre quelque chose, une voix qui s'élève, qui dit "tu n'es pas seul à vouloir la justice, à crier ton désarroi. Mais entre deux dîners chics, pourquoi s'occuper du bas-peuple? Marionnettes de gauche appuyées sur la matraque, lâches qui vitupèreent la police mais qui ne gardent leur chemise que grâce à elle. Cette émission de France 2, si bien pensante, mais à Manchester, je retrouvais mes 17 ans. Oui, tumulte des Clash pour dire merde! Et ces brillants commentaires, de la délation au civisme. Mais ce petit dealer qui joue les caïds, qu'est-ce? Un Nicolas sans parti, sans ministère. C'est tout. La violence, celle des mères qui ne laissent pas un père parler à son fils. Droites dans leurs bottes? Et un jour, elles se plaignent de ne plus comprendre leur enfant. Pas de pardon. Pour elles, plus de pardon. Les circonstances atténuantes qu'elles refusent aux autres, elles s'en drapent, en allégent leurs faute qu'on prend bientôt pour des mongolfières. Des Mongoles fières? Mauvais jeu de mots, je n'ai aucune animosité pour les habitantes de Mongolie.
           
    27 november

    métaphysique

    Après midi à potasser un cours sur la métaphysique, en terrasse, pour profiter de cette douceur, cette douceur sur fond de catastrophe écologique, mais douceur réelle. Le monde, l'ego, le rapport au monde, ce mystère: il y a . Ne serait ce que soi qui pense, qui observe.
    Que dit-il? Oui, nous ne savons pas. Si nous savions, ce ne pourrait pas être ainsi. Non, je suis avec Socrate: nul n'est méchant volontairement.Désolé Baruch, mais ils ne voient pas le meilleur, ils font le pire parce qu'ils ne veulent pas voir. Parce qu'ils sont trop faibles, leur vue ne porte pas assez loin.
    26 november

    Et le vent apporta un murmure

      Je devrais être sombre, furieux... pas d'Evan ce week-end, même pas moyen de lui parler au téléphone. Sa mère va se détruire puis nous aurons la paix. Ni un souhait, ni un regret, un constat, simple constat de la destruction enclenchée. Mais la vie est là, elle diffuse sa lumière douce et limpide. Les étoiles dansent, menuet et pavane, les étoiles dansent et je souris.
       Non, rien n'est résolu. Oui, tout se débloque ou va se débloquer. L'énergie qui fait tourner le monde renaît en moi, alors je retrouve la force. C'est une source pure, une eau qui jaillit, fraîche et rieuse. Il y a toujours ces montagnes, mais j'ai la foi pour les déplacer. Je ne l'ai jamais perdue, je sais, j'ai confiance. Mais j'en ai bavé, j'en bave... mais le triomphe est au bout. La patience, une arme, une torture. Mon arme.
     
     
     

    Antisocial

      J'écoute Trust, et une idée m'éclaire. Antisocial...oui, lutter contre tel ou tel homme ne peut indéfiniment masquer qu'au fond c'est le peuple souverain qui appuie le pouvoir. Ce bon peuple qui répondra, c'est pis qu'un chien, c'est un criminel... le mitard, il l'a bien mérité. Gantanamo n'est pas un mythe, la peur active les penchants sombres. La démocratie n'a pas ses pires ennemis dans des mosquées secrètes, mais là, dans les rues. Il faut comprendre... mais sûrement pas laisser faire. Il y en a qui ont peur, qui cherchent une figure protectrice. Il y a les autres, ceux qui sont mauvais, non pas ceux qui se révoltent, ceux qui sont dans le flux du troupeau, les aigris, les envieux, les frustrés, ceux qui aspirent à la mort sans oser se l'avouer, ceux qui imposent des règles, des normes, qui figent. ils ont... Mais aussi ceux qui ont la culture, ceux qui ont la parole. L'affaire du supporter de PSG: qu'importent les faits, c'est un raciste qui est mort. Antisémite. Alors tout va bien. Ce policier, sa couleur de peau est mise en avant. Les gardiens de la morale applaudissent, discours ambigü: la mort d'un homme n'a plus toujours la même valeur. Combattre ce qui est à combattre par la violence... du moment que la meute aboie en ce sens. Un homme, pour en protéger un autre, a tué. C'est un drame. Et c'est ce sport populaire par excellence qui est au ceour: le football. La mort de l'esprit. Pas un mot sur ceux qui mettent en place les structures. Ceux qui encaissent les bénéfices. Les temps sont aux illogiques d'affrontement, mais ce n'est pas un jeune de banlieue avec un coktail molotov à la main, c'est un mec intégré, un bulletin de vote à la main à défaut d'une grenade. Il va sauter avec? Et alors? Il n'est même pas antisocial, juste dans le troupeau, bien au chaud dans sa folie. 
    25 november

    Le mitard

    C'est dur. Un héros, ennemi public numéro 1. Même plus un homme, la mauvaise conscience de nos états policés. Cassé l'homme, non parce qu'il a été violent, parce qu'il est sorti du rang. Il a du sang sur les mains? Il l'a versé lui-même. Il l'a payé de sa vie, trajectoire de sang, avait-elle un sens?
     Je repense à ces années que j'ai connues, si jeune, sans tout comprendre... Mais il restait une révolte, une énergie qui s'est perdue. Peut-être alors pouvait-on encore y croire... J'y crois toujours pourtant. Un poing levé quel es matraques et la vie m'ont pas brisé! Chemin étrange, grosse tête et retour vers l'ombre, mais encore la force de lancer un cri.
    Cri intact, toujours les mêmes injustices, face aux bonnes gens, ces bourreaux à la conscience tranquille. Je sens le cri monter; Evan, tu veux être avec moi. Tu subis des haines, des névroses dont les coupables ne doivent même pas se poser de questions. Leur enfer leur semble normal. Pourtant, ils veulent l'imposer aux autres. Que je suis loin de leur nuit! Un soleil se lève qui m'apporte lumière et joie. Mais les attaques, la prétention de me priver d'Evan demain et d'obtenir mon accord pour l'avoir à Noël. "L'avoir", sininstres connes, c'est un être humain, pas un trophée. Honte à vous, pour qui il n'est qu'un faire valoir pour briller en famille. Vous salissez, souillez ce qui est de plus pur. Votre crime contre l'amour, je n'aimerais pas à en avoir à payer le prix. Vos ronces vous étoufferont, Evan s'en extraiera. Mais chacune de ses blessures sera une malédiction pour vous.
     Une rose vient de ses délicats pétales briser vos épines, flétrir vos feuilles, stériliser vos racines. Savourez-le, il n'est plus si long le temps où il vous reste de quoi nuire. Vos larmes seront trop acides pour attirer la moindre pitié. Compassion, pourquoi pas, mais pitié, non. Votre bien-pensance a du bénir ces murs, cette souffrance; oui, pour un chien vous auriez eu des remords, mais pour un homme! Un voleur, en plus! Un meurtrier. Mais pas comme vous, pas en usant en homme, l'accusant de toutes les tares, laissant ses enfants croître dans l'ombre de sa lente torture.
      Alors, c'est un meurtrier et vous des saints... Je n'ai pas été la nouvelle victime expiatoire. Les récoltes approchent, bien au-delà du cas Evan et Jean-Noël. Mais ne comptez pas sur nous pour soulager vos peines. J'ai laissé la soirée la porte ouverte à la conciliation, l'aveuglement et la haine vous aveuglent. Continuez votre chute sans paix! 
     
     
     
    24 november

    Et voilà

      Le jugement m'est arrivé. Alors, elle se retranche derrière ce que dit le juge. En fait, elle m'a lu hier soir le récapitulatif des dires de son avocat. J'ai eu raison de lui dire qu'on en parlerait quand j'aurais lejugement. Est-elle bête ou de mauvaise foi? Le jugement précise bien que l'amiable a la priorité. Elle ne voulait pas que j'ai Evan le mercredi. Vu l'âge et la distance, je ne l'aurais q'un mercredi par moi. L'état civil de l'enfant est confirmé. Globalement, le jugement m'est favorable. Elle demandait qu'on constate mon impécuniosité et le fait que je n'ai jamais contribué à l'éducation d'Evan... ce n'est pas repris. D'ailleurs, les faits prouvaient le contraire. Petit rappel pour bien avoir en tête ce dont elle est capable ou complice.
      C'est désolant... Quant au fait que je suis bac +5( ce scandale qui manifestement la mine au poids de ressortir régulièrement), il y a des non bacheliers qui savent lire et comprendre ce qu'ils lisent, qui, surtout, ont un minimum de probité. Et qui n'ont aucune animosité envers les diplômés... mais sans doute ne sont-ils pas prisonniers de la vanité qui fait que l'être se limite au paraître. De toute évidence, je lui en veux. Mais il n'est de semaine sans un "rebondissement", sans une attaque, sans un coup bas. Elle croyait éliminer le père. Elle croit pouvoir se décharger d'Evan en satisfaisant ses propres marâtres. Oui, j'emploie péjorativement un terme impropre. Une belle-mère peut être une mère, un mère biologique l'être si peu.En fait, elles sont, sur les trois générations, que j'ai vues, en situation de rancune/dépendance, écartelées entre glorification du moi et humiliation pour être dans la Famille. Une entité étrange, Saturne féminisé et lobotomisé.

    Et après?

    Un mot, qui devient discours.
    Un sot, qui défait sa cour,
    Un coeur, qui bat.
    Des pas, un choeur,
    Des pas perdus
    Des pas ardus
    Pas à pas...
    Un de plus
    Fi les coutumes, fi les us.
    Un pas et mille atours
    Pour un mot
    Qui rend sot
    Qui terrasse le manant
    Qui terrasse la roi
    Alors un pas sans détour
    Une rose en émoi
    Des pétales éclatants
    Carnivore?
    Omnivore!
    Une épine, rouge sang,
    Une goutte purpurine aux lèvres
    Une goutte, de la vie sève,
    Amour
     

    De bonne guerre

        Je devais avoir Evan ce week-end, le jugement est tombé, j'attendrais une semaine. Petit triomphe mesquin d'une mère qui ne peut pas me passer mon fils parce qu'elle travaille à 6 heures et donc ne dort pas là où lui dort... Cette mère qui n'est pas une mère, juste une petite fille qui offre un enfant à sa famille pour se faire accepter. Elle a déjà reçu le courrier, moi pas. Enfin... Elle ne parle plus de psychologue, sans doute comprend-elle que ce qui pourrait remonter, elle préfère le garder enfouï, dans ce silence qui protège ces êtres pathétiques qui ne sont d'une famille que la caricature, celle-ci n'étant qu'une béquille pour exister un peu.  
     Elle garde Evan alors que mon tour était venu... elle a la loi pour elle, c'est de bonne guerre. Son coup de fil mesquin, lui... Je devais emmener Evan faire du poney, partie remise. Le sage stoïcien. C'est simple. Viendra le kairos. Elle le crée, patiemment, perdue dans ces fausses luttes, prisonnière consentante. Lui, voudra la liberté. Lui, voudra autre chose que la reptation. Naguère, je n'ai pas compris. Il n'a jamais voulu têter. Il devait sentir que pour sa mère, il était un passe. Il savait devoir venir ce week-end, comment va-t-elle le lui expliquer? Elle n'explique rien, pour expliquer, il faut comprendre, il faudrait qu'elle admette qu'il puisse vouloir me voir. Mais l'admettre serait admettre que nous formions une famille... C'est la chute libre, le parachute est resté au vestiaire. Qu'elle s'écrase sur son nid de vipères, mais seule. Evan me manque. Je dois lui manquer, tout ça pour qu'une femme attardée puisse tenir son rôle.
       C'est de bonne guerre... voilà tout. Laissons passer, c'est un boomerang.
    23 november

    caelum, non animum mutant qui transmare currunt.

     Un vers du vieil Horace avec qui je trinquerais bien, libation avec un  Falerne Opinien centenaire, si mes souvenirs sont bons. En attendant, c'est une tasse de thé au jasmin. On s'emporte où qu'on aille. Mais certains cieux nous accueillent plus volontiers. En attendant, je suis bien où je suis, même si ma vie nancéenne est pleine de décombres. J'ai la chance de pouvoir la reconstruire, j'y travaille. Dehors le vent se lève et me comminique un peu de sa force.
     Oui, dans ma vie j'ai pu traverser, immobile, des océans. J'ai changé, j'ai cru changer. Me durcir. M'adoucir. Mais au fond, rien de ce qui importe m'a vraiment changé, oui, j'ai changé les lieux, les visages, les espoirs, les craintes. J'ai changé... et au fonds, tout celà pour me forger, me forger pour quoi? L'histoire n'a pas encore commencé. 

    "La France, tu l'aimes ou tu la quittes"

      Les vieux rebelles ont encore de la voix! Une chose est sûre, ce n'est pas ceux qui veulent la posséder qui l'aiment... Ce qui est ahurissant,  c'est la complicité active de ceux qui ont quelque chose à protéger, de la fortune, des biens, un titre, une famille. Alors qu'importe selon eux la haine des discours! Mais, c'est pas aux têtes de condole qu'appartient le pouvoir, c'est à l'électeur, celui qui peut voter pour les haines de droite ou de gauche, au chaud dans ses convictions qui sont celles de son voisin, de ses cousins. Se tromper peut s'excuser, la lâcheté docile de suivre son troupeau est la grande menace...
      Le vote protestataire n'a rien de contestataire, il n'est qu'un vote, le plus souvent, machinique, parfaitement recyclé dans le système. Au nom des cinq cents signatures contre Le Pen, un pas de plus vers le bipartisme. On foule le suffrage de peuple au pied et on vérouille le système. On confisque la république pour les partis, les élites.
      Ce qui est sûr, c'est que sa France, je la quitte.
      On nous prend entre la débile lénifiante psalmodie d'extrême gauche, où le génocide est juste et égalitaire, et les harangues d'un tribun qui sert d'épouvantail depuis trop longtemps. Et on se retrouve avec le crime contre l'intelligence des politiques sérieux, ces sangsues à l'abri des ors de la république ou tout à côté, nous, ces esclaves volontaires. Brûlez des voitures, ça évite les barricades. Brûlez vos cités, ça réchauffe les centres villes. Mais Bernie, te soulagera dans l'urne si tu as le choix entre la rigide du Poitou et le nabot sous amphet? Allez au premier tour on ajoute Besancenot et Bayrou. Et rien à dire, à moins de devenir antisocial, le suffrage des urnes. Et merde! Je ne crois plus aux foules beuglantes, au bon sens frelaté des bonnes gens, juste à l'homme qui peut tendre la main ou serrer le poing. Il peut même décider. Encore doit-il en faire l'effort. Encore doit-il détourner les yeux de l'illusion, nous sommes dans la matrice, et la matrice, c'est nous. Et nous nous y complaisons. Nous l'entretenons. Ne mériterions-nous pas mieux?  
    22 november

    Lili Marleen, toujours

        Cette voix qui traîne un peu, claire, sur fond de tambour et de ritournelle. Elle n'appartient à aucun temps; elle appartient aux amants, pour un baiser ou une vie, hors du temps. Elle hante l'Europe, beauté tragique et blessée, et les empires peuvent s'effondrer pour le prix d'un baiser. Une excursion ailleurs, loin de cette chanson qui n'évoque un phonographe dans le fracas des bombes, dans l'attente de demain ou après-demain, le moment de tomber, faucher par l'air du temps.
     La légèreté d'Angelo Branduardi pour un rêve plus aérien, plus doux. Une lumière qui n'est pas celle des explosions mais d'un grand feu autour duquel festoyer sous les étoiles, que les rires et les chants aillent porter notre joie jusqu'aux étoiles lointaines! Un morceau plus lent Et je constate que la lune n'est pas à ma fenêtre. Alors je la cherche, elle doit se cacher. Tant pis, non nous retrouverons. 0 ce moment, j'entends les paroles des Confessions d'un malandrin, il doit être question de lune. Alors je confie trois mots au vent, et le vent il saura bien trouver l'oreille où les déposer, même si sa course est longue. Il ira aux confins du continent, rattraper le soleil à la ligne d'horizon, dans les embruns de l'océan.

    Et pourtant elle tourne.

     Pas de jugement, aujourd'hui. Hier soir, engueulade téléphonique avec la mère d'Evan. Il est hors de question de revenir sur le fait que sa mère ou sa grand-mère puissent dire à son fils que son nom n'est pas son nom. S'il le répète, devant elle, c'est qu'il dit n'importe quoi. Je devrais mieux comprendre puisque j'ai un bac +5. Les vieilles rancunes font surface et je constate combien ils n'en veulent de ne pas avoir afficher mon mépris et surtout de ne pas être inculte.
     Peggy veut un psychologue car Evan veut être avec son père. Le psychologue pourrait souligner des problèmes liées à la famille maternelle, elle n'ira pas chez le psychologue à moins que la situation avec Evan n'empire. A moi d'intervenir. En gros, elle attend que je l'aide à résoudre son problème. Je n'apprends rien, la petite souillon susceptible n'a rien pardonné, oublié. Mais elle n'a pas le force d'élever la voix face au matriarcat. Alors elle ne veut pas savoir, je connais la méthode. Monter un agencement qui produira la situation souhaitée en gardant la main sur le coeur, l'air innocent.  Jouer aux échec depuis une infra-conscience. Combien de temps cette situation est-elle viable?
     En tout cas, je suis pris au piège: l'intérêt d'Evan nécessite que j'agisse.
     Et, comme ça, lors de l'effondrement, ce sera ma faute. Ils entretiennent une dynamique qui va me prendre comme vecteur.Mais aucune importance. Je ne changerai rien à ce vers quoi ils vont, train de nuit sourd et aveugle. Ce que je peux, c'est préserver Evan.
      Evan est intelligent, intuitif, il sait provoquer, mettre de l'huile sur le feu. Mais il est aussi sensible, il ne faut pas qu'il soit entraîné dans ce tourbillon, entre bûcher des vanités et suicide psychique.

    soulagez-vous dans les urnes!

    J'ai commandé le nouvel album de Trust. J'ai entendu un extrait, c'est un peu de jeunesse qui explose. Rebelle un jour, rebelle toujours. Faire du bruit, crier et sentir la flamme de l'aspiration à la justice. Stérile? Je ne crois pas, ne pas rendre les armes, refuser. Garder au moins sa conscience pour soi. Non dans la reddition à un quelconque principe de réalité, mais dans la ferme intention d'aider à changer les choses. C'est vrai, c'est facile pour moi. Je n'ai pas de situation, "doué, intelligent mais noyé dans la masse." Je crois que mon jour viendra. Rien n'a changé, tout s'est modifié. Mon coeur est resté le même, soif d'idéal, un brin fleur bleu. Pour le reste, la vie m'a burinée, du fauteuil roulant à la séparation. Elle m'a donné un fils, je vis dans un bel appart et jamais je ne pourrais remercié mes parents à le mesure de ce que je leur dois. J'ai repris l'entraînement en Hapkido, je redécouvre les chutes. J'ai des espoirs, j'ai des joies. Et cette étrange conviction, ça ira. Pourquoi tenir? Parce qu'il n'est pas temps de lâcher, parce que ça n'est pas utile. A quoi puis-je tenir? Pour seule réponse, un sourire à bouffer la fortune! 
    21 november

    une rose, poussée cette nuit, au matin éclose.

    Pour ces jours de froid, pour ces jours de plomb
    Je garde le regard ferme, je reste d'aplomb.
    La nuit passe, déjà en son sein le matin
    pose des doigts de satin.
     
    La lune sait mon secret.
    C'est une confidente discrète.
    La lune sait et se tait.
    J'ai envie de l'hurler  
    J'ai... murmurons le à une étoile distraite.
     
     
      
     
    *