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    31 oktober

    L'ennemi intime

    Dans la fureur, juste à la lisière de la folie, le miroir noir
    De nos peurs, de nos idéaux, du pire de nous-mêmes
    Qui finit par interdire jusqu'au retour vers ceux qu'on aime.
    Des cadavres au nom d'un mensonge d'état, du démon la mangeoire;

    Amitié, fascination, répulsion, être dans un camp, en porter les couleurs, en porter les souillures

    Et apprendre en suite la grande tentation du peuple pour qui on s'est battu d'une rature

    Pour garder son confort et sa conscience, pour se rassurer de ses propres mensonges.

    Alors on devient le fils maudit que la pureté de l'ange ronge

    Alors on déserte puisqu'il n'y a plus rien à déserter

    Que le souffle de la vérité dispense de disserter?

     

    Alors il reste le déshonneur et la main de l'enfant,

    La pitié comme faiblesse et comme dernière fierté.

    Le drame sera joué, dans le souvenir et la mauvaise conscience confiné,

    Comme le triste reflet des soubressaut d'un grand pays brûlé et parafiné.

    30 oktober

    Descartes et Nietzsche

    Le bon sens serait la chose la mieux partagée au monde, il suffirait d'un peu de méthode.
    Alors pour s'en protéger le troupeau sait placer avec art les électrodes.
    Contre la raison, ce n'est pas la déraison, mais la pulsion, loin du coeur, ténèbres.
    Peuple de zombies, un coca en dextre ou une bible ou une bière ou un manifeste
    Un truc pour ne pas penser et avancer, s'enliser dans le confort ou la peste
    Longue procession des pénitents qui se flagellent, hymne à la mort, funèbre
    Apogée. Une aristocratie, non de sang mais d'esprit, un regard au-delà des bûchers,
    Vers le dépassement de l'humain, loin de ce monde de ruchers.
     

    Morale par provision, l'art de la soumission et l'hypocrisie coupable

    Pour rester dans le troupeau, douter mais surtout rester acceptable.

    Mais même là l'imperfection fissure le camouflage,

    Le contrôle vise les esprits, entre folie et révérence, un poison s'innocule

    Qui isole le génie, étrange pédoncule.

     

    29 oktober

    courage

    Les bruits de bottes hantent les campagnes et résonnent dans les esprits;
    Le troupeau de sang et de carnage n'est pas rassasié.
    Ses sombres prêtres sacrifient à la bêtise et à la haine, comme un seul, ils prient.
    C'est d'un vampire sans noblesse l'oeil extasié. 
     

    Les guerriers du passé ne sont même plus poussière;

    Certains s'étaient insurgés contre la misère,

    Ils avaient l'honneur et l'idéal alors ils sont morts,

    Pourquoi auraient-ils vécu pour constater la permanence des torts?

    L'acier brillant ne sait plus la mêlée, la sueur et l'effort.

    Faut-il renoncer à poursuivre la lutte? Il est temps d'arracher le mors.

    La fleur aux pétales damassés aura une rosée écarlate pour fleurir,

    Annoncer un éternel printemps pour à tout jamais sourie.

    28 oktober

    révérence

    Et les pleurs d'une mère, juste  sacrés et amers.
    Nos vies ne sont qu'éphémères.
    Et sans synchronisation, tragiquement avant-goût de l'enfer
    Pour celle qui mérite le ciel
    Et surtout pour la victime d'un fiel
    Qui tient à la vie plus que superficielle.

    samedi 27 10 2007

    Gewürztraminer Florimont pour y mettre un nom,
    Trinquons à la joie, croyons, crénon de nom.
    Il faudra bien, il aurait fallu. Sommes-nous même nos surnoms?

    23 oktober

    innocence

    L'innocence perdue, sombre malédiction.
    Il y a vingt ans, comme une prétérition.
    Et le temps qui passe joue sa partition.
    Huit mois sur l'éternité simple répétition.
    A peine huit mois, comme un scandale
    Et un pied de nez à Sardanapale.
     
    22 oktober

    des mots

    Juste des mots, il faudrait des grenades.
    Regardez passer la sinistre parade.
     

    Polémique inique autour d'un adolescent;

    Icône dévoyée, à rebours employée, phosphorescent

    Aveu d'un temps même plus décadent.

    Oeil pour oeil, dent pour dent. 

    point de

    Juste le poids des ans, plus de mémoires qu'en cent ans.
    Mille ans, ou même dix milles, juste un absent.
    Ce visage est mien, et il me tient.
    L'ombre de l'espoir m'y retient.
     

    L'ombre se perd et c'est un chiffre impair.

    Mon reflet comme l'énigme silencieuse, ultime repère.

     

    et la bougie vacille

    L'acier froid comme un effroi.

    Est-ce un corps qui chute du beffroi?

    Cette lame en mon coeur, fine et acérée.

    Qu'est devenue ma vie rêvée?

    Pas un mot, à peine un souvenir

    Et les étoiles peuvent bien pâlir.

    Ce qui importe, c'est l'aurore.

    Doigts de fée, doigts d'or.

    rose

    Paix, grâce, sérénité... fugace comme un rayon de soleil.

    J'ai sombré dans une sorte de grand sommeil, attention au réveil.

    Le temps ne fait qu'aménager, il n'efface rien; à peine atténue-t-il.

    Juste des couleurs moins vives, un hâle tout au plus futile.

    L'impression étrange que demain le prix du sang et le goût des larmes.

    Sans doute l'ombre de l'horreur, salutaire alarme.

    Sauver l'avenir, comme une rose au matin éclose

    Mais au soir pas même forclose

    20 oktober

    et le soleil brille

    Parole sombre, du néant sortie,
    Tonnerre et éclair assorti;
    Au jaillissement de l'évidence
    Comme un pas de danse,
    Farandole macabre d'une modernité
    Où le troupeau exhulte, obsénité
    Des affres conjugaux pour distraire
    Une race larvaire.
    Amusant, pourtant:le contempteur de 68
    En devient la réalisation, modernisation ou ligne de fuite?
    La civilisation ferait-elle une pause, respiration salutaire
    Avant de reprendre sa progression?
    Simple digression, retour du refoulé d'une nation?
    Mais ce n'est plus quelques libations, toute une indigesion.
    A force d'iniquité et de haine, gare aux convulsions! 
     
    16 oktober

    train, wagon plombé.

    Sans uniforme, sans racisme, au plus des formes d'ostracisme
    Sans queue ni tête puisqu'il n'y a rien qui ne mérite qu'on ne s'entête.
    Traquez le sang impur, bientôt le vôtre abreuvera le sillon du mercantilisme
    Des compromissions et des fellations au destin, votre âme salpêtre
    Ira errer dans les salles de vente qu'elle oubliera de quitter,
    Une dette sans fond que vous n'êtes pas prêt d'acquitter.
     
     

    A quoi bon s'échiner, il y a ce poison bien enraciné.

    Inutile de s'escrimer, ce n'est pas une scéance de ciné.

    Le temps de retrouver le rêve est venu, comme une malédiction:

    Toute une jeunesse sacrifiée pour du confort l'illusion,

    Travailler plus et laisser d'autre gagner plus, abjection.

    Tout ça pour croire échapper à la frustration.

    Toute une société finalement en fusion.

    bande de c...

    ça débat autour de La libération de Cantat Bertrand de son prénom. Alors voilà les chiennes de garde. Où sont les muselières? Fureur face à celle qui n'est pas dans le bon ton. C'est nietzschéen, malheur aux forts. Coupable d'avoir la force physique, coupable de ne pas se soumettre. Civilisation en retour au degré zéro. Demain viendra poser l'addition, comme une giffle à ceux qui pérorent, à moins qu'ils ne filent encore à l'anglaise. 

    15 oktober

    froid

    C'est froid, comme une larme, c'est froid comme un peu d'acide;
    Monde étrange qui donne raison à Platon, sinistre et avide.
    Les veaux vont à abattoir comme à mangeoire, pas même livides
    Et un ange fataliste compte les coups, impavide.
    Votre monde est une fosse putride.
    Mais vous pleurerez le Glock contre le front, ultime affront,
    La quintessence de vos fantasmes en ultime front.
     

    Et alors la défaite de votre monde en parodie de fête;

    Simplement une balle lisse et précise en pleine tête.

    Et une gerbe de sang pour flétrir les absents.

    Espérer laver vos coeurs indécents.

    Bien en rang, pas même d'oignons, champs de navets

    Pour rater une soupe plutôt indigeste,

    Si loin, plus qu'aux antipodes de la chanson de geste.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    s 

     

    09 oktober

    chambre d'Asie ou d'ailleurs

    Ligne de fuite d'une errance, souvenir de transhumance,
    Ligne brisée du silence des autels,
    L'arc de cercle des nuits en ville, faubourgs de la démence.
    La tangente approximative des dogmes officiels
    Alors il reste juste un coeur et un esprit,
    L'oubli impossible de l'âme qui a appris
    Le fil effilé où perlent une goutte de sang, une tentative d'évasion
    Le fil brillant d'un point d'interrogation
    Avec cette boucle pour décapiter
    L'évidence du troupeau, espérer y précipiter
    Quelques éclats de sincérités, de probité,
    Même si c'est un peu cruel, de cette cruauté salvatrice
    Qu'est la sobriété au milieu d'une générale et banale ébriété.

    Et s'espace le temps, dans l'atavisme, triste hérédité.

    Mais à ne pas hausser les épaules, se résoudre à la fatalité,

    Celle du bitume et des médias, celle de l'homme de la banalité.

    Ma vie de couple s'est déliée de mon manque de docilité,

    Encore une illusion déchirée comme un mauvais cliché défraîchi,

    Un étrange Rubicon de plus ou de moins franchi.

     

    L'enfant est là, regard clair et cheveux blonds; il faut donc bien un avenir.

    Le luxe et l'opulence du grand occident, mais son sourire parfois triste.

    L'amour ne se consomme pas, il ne suffit pas d'un tour de piste;

    Alors son regard qui épure, nuages du ressentiment et murmure auquel se tenir.

    Alors son regard qui sait les fils des marionnettes, leur esclavage volontaire

    Et les chaînes qu'elles lui destinent, la main sur leur coeur de pulmonaire,

    Jalouses de la grande santé et du rire qui n'est pas mesquin,

    Le rire de l'homme libre, hors de la foule des faquins.

    Enfants d'ailleurs, qui un moment auront su, juste avant la haine,

    Qu'un autre possible, justice, qu'un autre possible, sans peines

    Pour être né hors de l'Empire et de ses sbires

    Pour être né avoir le droit au grand éclat de rire.

     

    06 oktober

    la ligne de basse du destin

    les premières notes de Guns of Brixton mettent en place le destin inexorable, le fatum né du pas du troupeau. Puis la batterie vient appuyer, marteler et contester le terrible métronome de la basse. Alors la liberté de l'homme devient chant et guitare, le choix de déposer les armes comme on perd son âme ou d'être piétiné par le pas bovin de cette farce à bonne conscience qui se veut la société.  

       Alors il reste à trouver la légèreté d'un haussement d'épaules et à aimer ce destin, autre chose, ça aurait pu être bien, mais bon. Ne pas avoir déchu, ne pas avoir brader sa conscience, son envie de vivre au monde de la médiocrité et de l'iniquité.

       Voyez-les ne plus croire les journalistes et suivre la mode, votez pour un discours qui bombe le torse et suivre docilement un homme qui ment pour sauver son couple, sans doute l'image pitoyable d'une certaine modernité quand la parole donnée et l'engagement ne sont plus que des motifs dans le sifflotement du vent. On propose de laisser les sans-papiers crever au coin de la rue. Heureusement l'occidental est désormais bien trop lâche pour avoir la cruauté de ses ambitions, ses nerfs malades le lâcheront avant. Pourtant, il le souhaite. Sa bonté n'est donc que faiblesse. Rien de solaire, d'éclatant, de fort en elle.

    02 oktober

    automne

    Errance entre les murs gris d'une ville en automne,
    L'enfilade des pas en arabesque et la voix atone.
    S'adonner à l'ombre de la mélancolie, pour distraction
    Où, surprise, un sourire fait effraction.

    Rien d'ascétique là-dedans, pousser la porte d'un bistrot

    Contempler de quelque belle serveuse le trot

    Laisser l'ambiance monter et les belles effluves, le temps d'un apéro

    Puis se laisser aller à quelque plat digne d'un rôt.

     

    01 oktober

    priez!

    Priez pour qu'on ne trouve pas les armes,
    Et que du "on" "un" nous vienne sonner l'alarme.
    En attendant l'écho des pas sur un pavé sans charme
    Et ces appels à la haine, l'égoïsme pour trame.

    La fraternité en lambeaux, la solidarité, à peine oripeaux,

    Et comme une colère froide à fleur de peau, une grenade pour appeau.

    Mais l'équité n'est pas morte, mais juste ce "mais" comme drapeau.

     

    Nos aïeux ont-ils combattus barbarie et tyrannie,

    Pour quelques nantis et l'ode à l'avanie?

    Aucun mot n'est à la mesure de ces maux, malemort.

    La grande honte du monde-camp, journalistes sur les miradors,

    Pauvres kapos à la solde d'un triste matador,

    Quelque pastiche de matamore, et la raison s'endort.

     

     

     
     
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