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    30 januari

    Outreau au trot

    Sacrifice de l'innocent,
    Des mensonges d'une femme
    La sobriété d'un drame
    Pour jouer de l'infâme.
    Perversité en diversité
    Viol ou meurtre en diversité,
    Petit jeu des médias en obscénité.
    Honneur sali par ces magistrats trop gras,
    Ces ombres trop propres de mardi gras.
    Horreur poli par ces avocats trop fats,
    Une femme grasse et de guerre lasse,
    Victime de la vie vue bien en face,
    Hommage aux malfrats.
    29 januari

    vers le renouveau

    Dans l'éclat et la vigueur du jour encore jeune,
    Quand la rosée brille au soleil, splendeur et jeûne,
    Se nourrir de beauté,
    Souffle coupé.

    La folie du monde s'expose et ils ne veulent pas voir,

    La finance devenue folle, mais qu'importent les déboires,

    Pourquoi pas un palais de marbre et d'ivoire

    Pour ceux qui n'auront pas la mer à boire.

    Certains aiguisent la faucille et chasse du marteau la rouille,

    Autre passéisme qui ne veut que la même immobile trouille:

    Celles d'hommes à genoux, le couteau sous le gorge,

    Lame du prêtre, de l'imam, du sophiste brute de forge.

    Et la lumière du jour chante la vie, la vaste cathédrale du monde.

    Et la ville pulse d'étranges vibrations qui finissent par lancer la ronde.

    Farandole ou danse macabre, pas désuet d'un menuet ou désarticulation de la techtonique,

    Ce point où se brise la volonté et se révèle un pantin entre superflu et pathétique.

    Constat caustique et déflagration acoustique,

    Mais tout n'est pas perdu, il reste quelque ferment romantique.

     

    Les astres vont, pureté de leur course sidérale.

    Mes pensées se font quelque inspiration minérale

    Coeur de rubis et peau d'opale,

    Lisse, froid, luxe et volupté; licence des fragments en ovale.

    28 januari

    égaré

    Pas de vallée infernale, pas même de héros,
    Juste la vie, et moi, ma vie, comme apéro
    D'un repas qui ne vient pas.
    Est-ce le chef qui a connu un faux pas?
    Est-ce l'ombre de la dépression qui me fait forte impression?
    Menu indigeste, risible en absence de toute chanson de geste,
    Juste dans l'anonyme enfer d'une vie qui n'a pas de zeste.

    les ombres

    Sommes-nous les ombres qui sans nombre aspirent aux eaux du Léthé?
    Loin de celles du Gange, nos amours sont les gangues d'étranges vampires
    Qui aspirent nos coeurs, notre sang, nos erreurs comme un vulgaire thé;
    Plus loin encore des rivages dorés ou des ruines de l'empire.
     

    Il n'y a qu'une rue froide dans la lumière électrique plus froide encore.

    Que tombent les étoiles, de leur poussière un philtre à la mandragore.

    Les pas ne résonnent pas, à peine un souvenir lointain

    Qui suggère à peine un silence jusqu'à demain.

    26 januari

    comme dans du beurre

    Observe la fleur qui s'ignore dans sa beauté-générosité.
    Regarde bien, hume ce parfum et sens de l'air l'onctuosité.
    Ne pense plus à rien, laisse l'écho d'un trader en leurre,
    Simple délicatesse d'un système qui remplace la vaseline par le beurre
    Que les travailleurs ne mettrons plus dans leur épinards
    A savourer avant le retour de la gabelle ou d'être clochards.
      

    Ne néglige nul reflet, apprends l'étrange et sache tes secrets.

    Observe, reste dans la sainteté d'une guerre aux accents discrets.

    Franc-tireur, partisan d'une guérilla sans nom, sans hauts faits,

    Juste une longue attente dans l'ignorance et le doute, loin des intellectuels défaits,

    Tandis qu'histrionne l'histrion, le sombre rejeton de ce temps.

    Alors reviendra bien, viendra enfin le printemps.

    25 januari

    pas errant

      Jour de brume, de brouillard, hiver en tourbillon et la musique terne des infos.
      Du silence et de l'absence, de la pestilence ou de la démence, l'air faux.
     

    Mais derrière les orbites vides des têtes de déjà morts,

    Ces êtres creux, bien-pensant, la raison sommeille et le coeur dort.

    Les hystéries de commère et leur halène lourde de haine,

    Sans doute leur suffrage va-t-il à la flamme naine

    Qui saura toujours brûler ces phalènes d'une éternelle nuit,

    Celle des brumes de leur esprit et du poids de leur ennui.

    Elles veulent des amours brisés pour apaiser leur conscience,

    Elles, les garde-chiourmes en déjection du troupeau, licence.

    Où quand la liberté n'est plus que l'impasse

    Froide et grise de ceux dont le sang est fadasse.

    Mais leur constant sale petit complot minable

    N'affadira pas les couleurs, simple impuissance interminable.

    La vie leur rit au visage,

    Et tournera leur page.

    Qu'importe le flacon, elles peuvent bien vider toute la bouteille,

    Elles n'auront pas l'ivresse, aucune liesse,

    Seulement la décomposition de la vieillesse

    Pour encore mieux se haïr, le vinaigre comme unique jus de la treille.

    24 januari

    pourquoi pas?

    Reste-t-il une rose fraîche et au matin éclose à offrir à l'aimée?
    Son dernier pétale n'a-t-il fâné au vent mauvais ?
    Reste-t-il encore un monde où tout simplement aimer?
    Peut-être celui des livres et des rêves, en résistance à cette réalité,
    L'avant-dernière image par l'homme créée, avant la virtualité
    Qui projette sur le monde nos vies rêvées et bientôt cauchemardées.
    De Gaïa à cette cybernétique prostituée trop fardée.
    Elle nous enlace, nous met à notre place,pas le temps de lézarder.
    Productivité.
    Compétitivité.
    Réactivité.
    Mais, surtout, docilité.

    23 januari

    Prions

    Pour les victimes de l'histoire, prions.
    Pour les sacrifiés en mémoire, prions.
    Contre les nostalgies de l'innomable, prions.
    Contre les trahisons de la pitié, prions.
    Mais ne soyons pas candide, il y a la vache et le prion.
     

    Mais à quoi bon la pitié quand elle n'est qu'une bassesse?

    Il ne reste que des égards endimanchés, un rien gênés.

    Mais à quoi bon la pitié quand il n'est que la faiblesse

    Toujours prompte à relayer la paresse, tatouage au héné. 

    Sonderkommando

    Terrible austérité du reportage, au bout de l'horreur.
    La folie des hommes, et je n'ai aucun dégoût.
    M'aurait-on trop habitué à l'égoût?
    De chevaliers, il ne reste que ceux du déhonneur.

    Et toujours des discours, un reste d'apparat

    Quand les héros ne sont plus que des rats.

    Eros et Thanatos, double hélice

    Entre un haut-le-coeur et un délice.

    Il est des contrées où vous vivez sans voir

    Sans même respirer pour ne pas savoir.

     

    Cauchemard éveillé, l'holocauste de l'esprit, âmes en perdition

    Et même ce crime n'est pas sans rémission.

    Et même ce crime n'ignore pas la répétition.

    Et si les morts tiennent plus longtemps, c'est juste dérision.

    Le grand ciel sait-il la détresse et la déréliction?

    Il doit le savoir, comme une froide incision.

    Quelle avanie sournoise viendra inventer de quoi relativiser cette démence?

    Ayons confiance, l'amateurisme de la purification ethnique offre une piste.

    Ayons l'appréhension de ce qui adviendra comme un mauvais souvenir qui insiste. 

    l'orage

     Avis de tempête en salle des profs, l'étrange ghetto. Un personnel usé, dévalorisé dans un système qui va à vau-l'eau. Le politique, pour se concilier les faveurs des parents, a sabordé l'exigeance, l'émulation et du bac naufragé ne naît plus aucune motivation. Dépressions, demande de travail à mi-temps et les presques retraités mettent en garde les encore jeunes sur leur avenir, à s'user face à des jeunes qui ne sont lycéens que par défaut. Par moment, c'est l'impression d'être sur un Titanic sans luxe, juste après la collision où l'orchestre joue faux.
     Mais à quoi bon? Personne ne veut savoir, alors on accuse les profs, en masse; des parents démissionnaires qui réclament plus de discipline mais feront le siège du proviseur au premier mot de travers.
     
    22 januari

    Les geôles brumeuses

    Une génération numérique,
    Humanité virtuelle.
    Façonnée dans l'artificielle,
    Eduquée au superficiel.
    Ombre cynique.
     

    Nihilisme flou, quelque chose de la fatigue du dernier homme,

    Autofagie en anesthésie,

    Quand tout se consomme

    Alcool, fumée, sexe réduits à la quantité et l'hérésie.

    Plus d'éducation, pas même de dressage.

    L'espoir d'un passage.

    Réaction en parodie, il s'agite l'homme supérieur, narcisse névrosé

    Quand devrait advenir le surhomme, la médiocrité sclérosée

    Des élites grégaires exhibe sa schizophrénie

    Elle invoque le béni et s'étourdit du déni.

     

    L'information en déformation, apprentissage de la contemplation

    D'une réalité télévisée, stérilisée pour des êtres qui croient une salvation.

    Prozac et vitamines, moral des ménages et sainte croissance.

    Homme libre qui désormais chérit l'amer, piteux électeur tout en obéissance.

    La liberté de posséder ses chaînes de désir et de jalousie,

    Marasme continu d'une sans-cesse différée parousie.

     

    Il ne s'agit même plus d'inventer un monde meilleur,

    De conjurer une vaine frayeur, de s'amuser d'un ton railleur.

    Une génération enfermée en elle-même, choyée puis broyée.

    Habituée au mensonge, au simulacre octroyée.

    perfecto

    Peut-être puéril, quelque reste infantile?..
    Du cuir et un regard sans remission.
    Des mots, des croyances futiles
    A jamais l'énigme de Bon Scott, pure scission.
    Certains banquent toujours, conjurer la fission.
     
     

    Nuit où le sommeil fuit,

    Qu'aujord'hui suis-je, hormis le fortuis?

    Evan, je n'ai qu'argent et mots en pertuis

    A peine d'ici, tellement d'alleurs

    Vive quoi? et à la  bonne heure!

     

    21 januari

    Est-ce donc ça?

    J'écoute Lavilliers chanter Les Barbares, j'avais 5 ans.
    Un autre siècle, un autre monde. Depuis, tout a empiré.
    Alors un cuir noir pouvait encore protéger, s'évader à temps.
    La Guerre froide s'est éteinte, quelques terroristes et la pestilence expirée
    Par cette société dont la modernité est satiété.
    Là où la jeunesse est remisée au mont de Piété.
      

    Que n'avons-nous pas vu venir?

    Cette parodie d'avenir

    Etait inscrite dans les ruines du mur de Berlin,

    Quand la politique devient juste poudre de perlimpimpin.

    Gouvernement factice qui prétend,

    Démocratie vendue aux marchands

    Et le peuple laborieux artisan de son esclavage

    N'en finit plus de passer de servage en sevrage.

    Nous pouvions, enfin, nous pouvions mais l'Empire n'a pas voulu.

    Indigènes sous hallucinogènes, dans les décombres d'une civilisation révolue.

      

    Le goût du sang n'imprègne plus les enfants douillets,

    Mais loin des champs de bataille le massacre continue.

    Aphrodite s'est mise à nu

    Et l'homme a besoin du bleu du viagra et du vert du billet.

    20 januari

    Texte en dextre

     Dans l'air se prélasse une parole fugace,
    Si lasse des histoires salaces,
    Si amoureuse des paroles sagaces.
    Un temps de doute et de craintes, marée basse.
    Une complainte que le temps efface,
    Un regard que la brume agace. 

    dimanche soir

    Comme un sourire brisé, figé puis pulvérisé,
    Dans l'éclat du jour et quelques gouttes irisées;
    Nostalgie de tous les ailleurs, de tous les ici; au loin, un pétard.
    La nuit venue sur la cité, agitation nocturne pour quelque départ.
    Loin des ruelles, des ombres et des espoirs en surnombres
    En attendant juste la sanction du renouveau après les décombres.
    Et dans les rues, une voiture et ses phares.
     

    Les hommes ont tant écrit, lettres qui sommeillent et savent

    Le grand mensonge des gueux de l'intellect, tout en titres et en bave.

    Les tribulations d'un Rastignac abâtardi de Ganelon, à la une.

    Servitude volontaire en décrépitude, lit-on quelque espoir dans les runes?   

    18 januari

    Nation

    Voulons-nous de la paix?
    Qu'avons-nous fait de cette paix?
    Les bombes ne tombent plus,
    Les canons se sont tus.
    Mais la grandeur d'âme manque de flux
    Quand règne l'arriviste obtus.
    Le monde est le temple, le geste n'est pas révolu
    D'en chasser les marchands aux langues fourchues.
     

    Pouvons-nous seulement la paix

    Ou ne savons-nous que passer au fil de l'épée?

    Droite erratique au tranchant émoussé, repère 

    Rouillant dans son fourreau sanglant,

    Elle a décapité le père, éventré la mère, éclat cinglant

    D'une sinistre réalité, d'une triste vérité;

    Regard froid à l'inflexible sévérité.

     

     

    Sur un rivage déserté,

    Un ermitage où se concerter

    Se convoquer, s'affronter

    Et se découvrire effronté.

    Mais eau courante, électricité et plus si affinité,

    Je suis le rejeton de ces temps en indignité et calamité,

    Consommateur-né, élucubrateur patenté, en perte d'identité

    Malgré une carte bientôt digitalisée, et la paix devient perpétuité;

    L'étrange peine d'un comble en décombres,

    Sourire narquois au pays des ombres. 

    17 januari

    on peut

    On peut donc avoir un visage, un nom, une voix et n'être personne,
    Ivre d'une jeunesse qui abdique, conformiste et vaincue, qui n'a plus même la force
    De croire en un monde meilleur ou dans le glas qui sonne,
    Il n'y a plus la sève vive, juste l'artifice d'une écorce.
     

    Ce n'est pas qu'ils avancent masqués comme le philosophe,

    C'est juste pour conjurer l'effroi qui les apostrophe.

    Ce n'est pas la trame inouïe d'un complot planétaire,

    C'est simplement le drame d'une parodie funéraire.

    La justice, la pensée, la culture qu'on porte en terre.

    Le crucifix rouillé brandi par le prêtre étique s'effrite,

    Le triste sire, prosélyte et adultère,

    Cherche dans le vieil opium une morphine bénite

    Pour mener le troupeau encore plus loin vers l'abîme,

    Si loin de l'air vif des cimes.

     

    Mais il y a le garçon blond, il a traversé l'orage, il traverse la ténèbre

    Sous le ciel de plomb des idées reçues qu'un éclair zèbre.

    Alors il faudra bien un avenir, déchirer le chiffon rouge

    Et ne pas admettre que la raison puisse péricliter au fond d'un bouge.

    Trouver les mots d'un électro choc, trouver des phrases en phase

    Avec la roue de la loi, plaidoyer qui se rit de l'emphase.

     

     

    15 januari

    Inversion

      Nous sommes face à une période dangereuse, les discours se nourrissent d'un mépris de la raison qui ne sert qu'à justifier des positions partisanes, émotives. L'étape suivante, c'est le conflit. Le projet de constitution européenne, voulu et soutenu par les "élites" est peut-être une bonn chose. Mais le faire passer au mépris du suffrage signifie que nous ne sommes plus une réelle démocratie puis que certains peuvent outrepasser la suffrage universel.
     Contre ceux qui se plaignent de leur pouvoir d'achat, un vieil argument est avancé: nous vivons bien en France. Ce qui est vrai. Mais y a-t-il de quoi justifier les injustices?   Effacer les souffrances? On vante le paradigme des USA: mais que devient-il sans l'US army? La solidarité est décriée comme un frein à la croissance; pourtant on nous propose d'évaluer la joie de vivre au lieu du PIB: puisque le gouvernement ne peut chnger la réalité, alors il va changer le regard porté sur elle. Ce pourrait être stoïcien mais là ce n'est que manipulation. Mais le président n'a pas la prudence de ses ainés: il se montre, il étale ce qui restait secret et en provoque l'emballement. 1789 eut-il été possible ans Marie-Antoinette? Hélas aucune réelle alternative n'est offerte, diffusée, popularisée.  
    14 januari

    chemins d'ailleurs

    Une tasse de thé, comme quelques gouttes d'éternité.
    Devant les yeux, un rêve lointain et nébuleux,
    Rivages des confins, pays aux matins fabuleux.
     

    Thé noir des Indes délicatement épicé, parfum d'infinité.

    Du vaste monde, juste quelques clichés, et l'ignorance.

    Qu'en sont les saveurs, les sagesses et la fragrance?

     

    L'Acropole et les eaux du Gange, Brocéliande et les eaux d'Amazone, endroits

    Où est de l'humanité la patrie, où la lumière poudroie.

    Aller vers les cimes, ramper au fond des gouffres

    Le volcan et les volutes de souffre.

    Le lagon et la barrière de corail.

    La lune sur la lande, de Chagall un vitrail.

    Les lieux, les senteurs, devant mes yeux, dansent

    Ici devient partout, voyage immobile et intense.

     

     

    vitre

    Le froid glacé du verre lisse contre le front.
    Rue déserte, vide sous la lumière froide des réverbères,
    Le macadam semble prêt, table d'autopsie.
    Des voitures passent, aquarium où tenter une biopsie.
    C'est calme, suspendu dans l'ombre et l'hiver.
    Alors un poisson qui s'ignore et tourne en rond.
     

    Aussi loin que porte le regard, malgré les ténèbres, il y a toujours une lumière

    Qui brille, petit point dans la nuit.

    Ou alors une ombre qui plâne en plein midi, légère et lourde d'ennui.

    Un battement de cil, une ridelle la dissiperont

    Et continue le fracas sourd des fragments d'instant qui s'oublieront.

     
    *